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Pokémon Park !

Posté à 15h03 le 15/04/20

Note 1 : Cette fanfiction est un alliage fait de Pokémon, de Jurassic Park (le livre) et de quelques détails à ma sauce.Les noms des personnages, par exemple, seront pour la plupart ceux des personnages de Jurassic Park. Ceux qui on déjà lu Jurassic Park peuvent donc sortir de ce topic si ils en éprouvent le besoin.

Note 2 : Il y aura des scénes où des humain ou des Pokémons mourront. Je n'insisterai que le moins possible sur les détails pendant ces scénes pour éviter de choquer le maximum de monde.

Note 3 : Cette histoire se déroule dans un univers paralléle aux jeux et à l'animé, dans cet univers beaucoup plus d'espèces de Pokémons ont disparues.


Introduction : L'incident InGen.

La fin du XXe siècle a vu dans le domaine scientifique une nouvelle ruée vers l'or d'une ampleur considérable : un mouvement impétueux et acharné pour commercialiser les découvertes du génie génétique. Le phénoméne s'est développé si rapidement et a fait l'objet de si rares études en dehors de la communauté scientifique que son extension et ses conséquences sont très mal comprises. La biotechnologie annonce la plus grande révolution de l'histoire de l'humanité. Dès la fin de la décennie, ses applications dans notre vie de tout les jours dépasseront celles du nucléaire et de l'informatique. Selon les termes d'un observateur averti :
"La biotechnologie va transformer tout les aspects de la vie humaine : soins médicaux, alimentation, santé, loisirs, jusqu'à notre corps. Plus rien ne sera comme avant. La face de la planéte en sera littéralement changée."
Mais la révolution biotechnologique différe sur trois points essentiels des précédentes transformations scientifiques.

Premièrement, elle a une large base. Unys est entré dans l'ère atomique grâce aux travaux d'un unique groupe de chercheurs éttablis à Janusia, puis dans l'ère informatique grâce aux recherches effectuées dans une douzaine d'entreprises. Mais les chercheurs en biotechnologie sont aujourd'hui disséminés dans plus de deux milles laboratoires, uniquement sur le territoire Unysois. Cinq cents entreprises dépensent anuellement cinq milliards de dollars pour cette technologie.

Deuxièmement, une grande partie de ces recherches a un caractère futile ou manque à tout le moins de sérieux. Des travaux visant à créer des Bargantuas noirs pour les rendre plus visibles dans un cours d'eau, des arbres à section carrée pour faciliter le débitage, ou encore des cellules odorantes injectables pour sentir en permanence son parfum préféré pourraient passer pour une blague, mais il n'en est rien. En réalité, le fait que la biotechnologie trouve des applications dans les industries traditionnellement soumises aux caprices de la mode, telles que la cosmétologie et les activités de loisir, contribue à accroître les inquiétudes que l'on peut nourrir sur une utilisation fantaisiste de cette nouvelle technologie.

Troisièmement, ces travaux ne font l'objet d'aucun contrôle. Nul ne les supervise ; aucune loi ne les réglemente ; il n'existe aucune politique gouvernementale cohérente, pas plus à Unys qu'ailleurs. En outre, comme la gamme des produits de la bio-industrie s'étend des drogues aux productions agricoles et à la neige artificielle, l'instauration d'une politique intelligente est malaisée.

Mais le plus inquiétant est l'absence de toute surveillance à l'intérieur de la communauté scientifique. Il faut savoir que la quasi totalité des généticiens sont également engagés dans le domaine de la biotechnologie. Il n'y a pas d'observateurs désintéressés ; tout le monde a beaucoup à y gagner.


La commercialisation de la biologie moléculaire est, sur le plan de l'éthique, l'événement le plus étonnant de l'histoire de la science et tout s'est passé avec une rapidité stupéfiante. Depuis Galilée et pendant près de quatre siècles, la science a mené sans relâche ni contrainte ses investigations surles mécanismes de la nature. Les scientifiques ne tenaient aucun compte des frontières et ne se souciaient pas des contingences de la politique, ni même des guerres. Ils se rebellaient contre le secret des recherches et voyaient d'un mauvais oeil la nécessité de faire breveter leurs découvertes. Dans leur esprit, ils oeuvraient pour le bien de l'humanité et , pour des générations d'humains, les découvertes des scientifiques furent essentiellement désintéressées.
Quand, en 1953, deux jeunes chercheurs, Francis Crick et James Watson, déchiffrèrent à Galar la structure de l'A.D.N., leurs travaux furent salués comme un triomphe de l'esprit humain, un pas décisif dans la quête séculaire vers la compréhension de l'univers. Nul ne doutait que cette découverte serait utilisée, d'une manière désintéressée, pour le plus grand bien de l'humainté.
Il en alla tout autrement, et, trente ans plus tard, la plupart des collègues de Watson et Crick étaient engagées dans une oeuvre d'un geste entièrement différent. La recherche en génétique moléculaire était devenue une vaste entreprise commerciale, avec des milliards de dollars à la clé, dont le point de départ pouvait être fixé non pas en 1953, mais en avril 1976.
C'est à cette époque que des contacts avaient été noués entre un homme d'affaire, Robert Swanson, et Herbert Boyer, biochimiste à l'université de Californie. Les deux hommes décidérent de fonder une société destinée à assurer l'exploitation commerciale des techniques de greffe de gènes de Boyer. Cette société, Genentech, devint rapidement la plus importante et la plus prospère des nouvelles entreprises de génie génétique.
Tout le monde semblait soudain n'avoir qu'un seul but : s'enrichir. De nouvelles sociétés étaient créées chaque semaine ou presque et les scientifiques affluaient pour s'adonner à l'exploitation de la recherche génétique. En 1986, on dénombrait au moins trois cent soixante-deux chercheurs, dont soixante-quatre membres de l'Académie des Sciences, qui siégaient aux comités consultatifs des firmes de biotechnologie. Le nombres de ceux qui avaient inveti des capitaux personnels était encore beaucoup plus élevé.
Il convient d'insister sur la portée de ce changement d'attitude. Les adeptes de la recherche fondamentale n'avaient toujours eu que mépris pour les affaires. Pour eux, la poursuite de l'argent était une activité dépourvue d'intérêt, qu'ils laissaient aux boutiquiers. La recherche industrielle, y compris dans les prestigieux laboratoires Bell, I.B.M. ou même ceux de Macro Cosmos, n'était qu'un prix de consolation pour ceux qui n'avaient pu obtenir un poste universitaire. La recherche fondamentale se montrait donc très critique à l'égard des sciences appliquées et de l'industrie en général. Un antagoniste de longue date protégeait les chercheurs du corps universitaire de toute contamination de l'industrie, et, chaque fois qu'un débat s'engageait sur une question de technologie, des tenants de la recherche fondamentale étaient toujours disponibles pour donner un avis désintéressé au niveau le plus élevé.
Mais la situation a beaucoup évolué. Il y a de nos jours très peu de spécialistes de la biologie moléculaire et d'instituts de recherches qui ne soient rattachés à une structure commerciale. Une page est tournée. La recherche génétique se poursuit avec une frénésie accrue. Mais elle est faite en secret, à la hâte et uniquement pour le profit.


Dans ce climat mercantile, il semble inévitable de voir apparaître une société aussi ambitieuse qu'International Genetic Technologies, basée à Volucité, et nul ne s'étonnera que la crise qu'elle a provoqué ait été passée sous silence. Les recherches d'InGen avaient été menées dans le plus grand secret, l'"incident" eu lieu dans une région totalement isolée d'Alola et il eut à peine une vingtaine de témoins dont une poignée seulement survécurent.
Même par la suite, quand International Genetic Technologies comparut devant le Tribunal Fédéral de Port Yoneuve, le 5 octobre 1989, le procès n'attira guère l'attention des médias. L'affaire semblait banale ; InGen était la troisième société de biotechnologie à déposer son bilan cette année-là et la septième depuis 1986. Peu de documents furent rendus publics, les créanciers étant des consortiums d'investissement de Kanto ou d'Hoenn, comme la Sylphe et la Devon SARL, qui, traditionnellement, fuient la publicité. Afin d'éviter toute révélation embarrassante, l'avocat d'InGen, Daniel Ross, du cabinet Cowan, Swain et Ross, représentait également les investisseurs japonais. Et la déposition insolite du vice-consul d'Ekaeka fut reçue à huis clos. Rien d'étonnant, dans ces conditions, à ce que l'affaire eut été discrètement réglée à l'amiable en moins d'un mois.
Les parties intéressées, y compris les scientifiques distingués siégeant à la commission consultative, signérent un accord de non-divulgation et personne ne révélera ce qui s'est passé. Mais la plupart des principaux acteurs de l'"incident InGen" ne figurent pas parmi les signataires et ils ont acceptés de revenir sur les événements extraordinaires qui se déroulèrent pendant ces deux journées du mois d'août 1989 sur une petite île écartée, au large de la côte ouest d'Alola.

Posté à 11h32 le 17/04/20

Bonjour ! Je viens de lire ce que tu as fait et j'ai quelques conseils si jamais tu veux essayer de t'améliorer ^-^

Déjà, tes chapitres sont trop courts, je pense que tu pourrais vraiment les allonger. En théorie, un chapitre c'est une action, par exemple tu aurais pu réunir le 3 et le 4.
Ensuite, je pense vraiment que ça manque de transition. Il y a beaucoup de phrases simples et ça rend le récit très sec et pas très agréable à lire, en plus du fait que ça manque de mots de liaisons. Si tu ne vois pas ce que je veux dire, attrape un roman au pif et essaie de comparer la construction des phrases avec ce que tu as fait. Globalement, s'inspirer d'autres écrivains c'est une bonne chose, n'hésite pas !
Fais aussi attention au surplus de dialogues : des dialogues pour marquer les conversations importantes c'est bien, mais comme il ne s'agit pas d'une pièce de théâtre, il ne faut pas retranscrire chaque parole que pourrait dire ton personnage. Ca rend le tout un peu lourd à lire, et on se perd facilement entre les différends locuteurs.
N'hésite pas à faire plus de description ! La gestuelle des personnages, leurs pensées, le décor, les positions relatives... Comme tu te concentre sur les paroles et les actions, c'est compliqué de correctement visualiser une scène alors que c'est important pour se plonger dans une histoire.

Aussi, plus sur le fond de l'histoire que sur la forme, n'hésite pas à inventer des personnages. Les personnages du jeu sont pour la plupart assez vides, et il n'y a pas grand chose à en tirer. De plus, un personnage inventé sera sûrement plus intéressant du point de vue des lecteurs, car il sera totalement inconnu.

Voilà, j'espère que mon petit pavé pourra t'aider, bonne continuation !

Posté à 13h26 le 17/04/20

Bon courage ! L'écriture ça se fait pas en un jour de toute façon, j'espère que tu arrivera à t'améliorer et surtout que tu prends plaisir à écrire ^-^

Posté à 12h09 le 24/06/20

Prologue : La morsure du Jungko.


La pluie tropicale tombant à verse à verse tambourinait sur le toit de tôle ondulée de la clinique. L'eau vomie par les goutières éclaboussait le sol et s'écoulait en torrents. Debout devant la fenêtre, Roberta Joelle Carter soupira. Elle distinguait à peine la plage et l'océan voilés par le brouillard. Elle ne s'attendait certainement pas à ça quand elle avait décidé de passer deux mois en qualité de médecin au Village Flottant, un village de pêcheurs sur la côte Pacifique de Poni. Bobbie Carter comptait se détendre au soleil, après deux années d'internat éreintantes au service des urgences de l'hôpital Michael Reese, à Volucité.
Elle était au Village Flottant depuis trois semaines. Et il avait plu tout les jours.
Le reste lui plaisait. Elle aimait l'isolement du village et la gentillesse de ses habitants. L'infrastructure hospitalière d'Alola était l'une des vingt meilleures au monde et la modeste clinique du petit village côtier était bien entretenue et bien équipée. Manuel Aragon, son assistant, était intelligent et tout à fait compétent. Bobbie avait donc la possibilité de donner des soins d'une qualité comparable à ceux qu'elle donnait à Volucité.
Hélas ! Il y avait la pluie. Cette pluie incessante !
Manuel, qui travaillait à l'autre bout de la salle d'examens, pencha soudain la tête sur le coté.
- Ecoutez, murmura t'il.
- N'ayez crainte, dit Bobbie, j'entends.
- Mais non, écoutez bien !
Elle perçut un bruit qui se mêlait à celui de la pluie, un grondement d'abord indistinct qui se précisa peu à peu jusqu'à ce qu'elle reconaisse le bourdonnempaent saccadé d'un hélicoptère. Ce n'est pas possible, songea t'elle, on ne peut pas voler par ce temps !
Mais le vrombissement ne cessait de s'amplifier. L'hélicoptére déchira soudain le brouillard flottant sur l'océan et survola la clinique en rase-motte avant de décrire un grand cercle pour revenir. Bobbie vit l'appareil passer près des barques de pêche, se laisser glisser vers la jetée branlante, puis repartir en direction de la plage. Il cherchait un endroit où se poser.
C'était un Sikorsky ventru portant sur le flanc une bande bleue et une inscription : InGen Constructions. Le nom de l'entreprise qui construisait un parc de loisir sur une île au large d'Alola. Le bruit courait que le résultat serait impressionant et une abondante main d'oeuvre locale participait à la construction de ce complexe dont les travaux déjà depuis plus de deux ans. Bobie imaginait ce que serait le parc de loisir : un ensemble gigantesque, à l'Unysienne, avec piscines et courts de tennis, où les clients pourraient se distraire et siroter des daiquiris sans avoir le moindre contact avec les autochtones, sans rien connaître du pays.
Elle se demanda ce qui avait bien pu arriver dans l'île pour qu'un hélicoptère décolle sous cette pluie diluvienne. Elle vit à travers le plexiglas de l'habitacle le pilote manifester son soulagement quand l'appareil se posa sur la grève. Des hommes bondirent sur le sable et ouvrirent la porte latérale de l'hélicoptère. Bobbie entendit des cris et des exclamations en Alolien, et Manuel la poussa du coude.
Ils réclamaient un médecin.


Un blanc aboya des ordres et deux noirs transportérent un corps inanimé vers la clinique. Le Blanc était vêtu d'un ciré jaune et des mèches rousses dépassaient de sa casquette de base-ball.
- Y'a t'il un médecin ? cria t'il tandis que Bobbie s'élançait à la rencontre du petit groupe.
- Je suis le Dr Carter, dit-elle.
De grosses gouttes de pluie s'écrasaient sur sa tête et ses épaules. Elle vit le regard sceptique du rouquin se poser sur son short en jean et son débardeur. Elle avait sur l'épaule un stéthoscope dont le métal était déjà rouillé par l'air marin.
- Je m'appelle Ed Regis. Nous avons un blessé grave, docteur.
- Dans ce cas, il vaudrait mieux l'emmener à San José. En hélicoptère, vous en avez pour vingt minutes.
- C'est ce que nous voulions, mais avec ce temps, nous ne pourrons pas franchir les montagnes. On dirait que Fulguris est en colère. Il va falloir le soigner ici.
Bobbie suivit les deux noirs qui transportaient le blessé vers l'entrée de la clinique. Il était très jeune, pas plus de dix-huit ans. Elle écarta la chemise imbibée de sang, découvrit une plaie profonde à l'épaule, une longue déchirure dans les chairs, et une autre le long de la jambe.
- Que lui est il arrivé ? demanda t'elle en élevant la voix pour couvrir le bruit de la pluie.
- Accident du travail, répondit vivement Ed Régis. Il est tombé et une pelleteuse lui est passé dessus.
Debout devant la porte verte de la clinique, Manuel fit signe d'entrer au deux noirs qui déposérent sur la table occupant le centre de la salle d'examens le blessé sans conaissance, exsangue et frissonant. Puis il commença à lui faire une intraveineuse tandis que Bobbie faisait pivoter la lampe pour examiner les plaies. Elle comprit aussitôt que c'était grave et que le jeune homme ne s'en sortirait probablement pas.
Une longue déchirure courait de l'épaule au torse. Au centre de la plaie aux bords déchiquetés, les os de l'épaule disloquée était visible. Une seconde plaie béante montrait montrait les muscles lacérés de la cuisse et, tout au fond, l'artère fémorale qui battait. La première impression de Bobbie fut que la jambe avait été ouverte par une morsure.
- Pouvez vous me donner des détails sur ce qui s'est passé ? demanda t'elle.
- Je n'ai pas vu l'accident, répondit Ed, mais on m'a dit qu'il avait été traîné par la pelleteuse.
- On dirait presque une morsure, poursuivit Bobbie Carter en palpant les bords de la plaie.
De ses années passées au service des urgences, elle avait conservé le souvenir très précis de certains patients. Elle avait vu deux cas de morsures graves : le premier était un enfant de deux ans qui s'était fait attaquer par un Elecsprint, le second un employé de cirque ivre qui s'était fait surprendre par un Félinferno. Les blessures étaient similaires et elles avaient un aspect caractéristique.
- Une morsure ? reprit Ed. Non, non, je vous assure que c'était une pelleteuse.
Le visage crispé, il passait nerveusement la langue sur ses lèvres et donnait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal. Bobbie se demanda pourquoi : s'il employaient sur l'île une main d'oeuvre locale inexpérimentée, les accidents devaient être très fréquents.
- Voulez vous que je nettoie la plaie ? demanda Manuel, accompagné de son Ptiravi.
- Oui, mais faites d'abord une ligature.
Elle se pencha un peu plus pour écarter du bout des doigts les lèvres de la plaie. S'il était bien passé sous un excavateur, il aurait dû y avoir de la terre jusqu'au fond de la plaie. Mais il n'y avait rien, juste une sorte de mousse écumeuse et visqueuse. Une odeur bizarre se dégageait de la plaie, une odeur fétide de pourriture et de mort que Bobbie ne conaissait pas.
- Quand l'accident s'est il produit ?
- Il y a une heure.
Elle fut de nouveau frappée par la nervosité d'Ed Regis. Il avait un tempérament ardent, agité et ne ressemblait pas du tout à un contremaître d'une entreprise de construction. On aurait plutôt dit un cadre et il était à l'évidence complétement dépassé.
Bobbie Carter reporta son attention sur le blessé. Elle avait la conviction qu'il ne s'agissait pas d'une lésion mécanique. La plaie n'était pa ssouillée de terre et il n'y avait pas d'écrasement des tissus. Un choc violent - accident de voiture ou du travail - provoquait presque toujours un écrasement des tissus dont elle ne trouvait pas trace ici. Mais la peau de l'épaule et de la cuisse était déchirée, lacérée.
Cela ressemblait décidément à une morsure. Et pourtant la plus grande partie du corps ne portait pas de marques, ce qui était rare en cas d'attaque par un Pokémon. Elle examina attentivement la tête, les bras, les mains...
Les mains ! Elle ne put réprimer un frisson en voyantles mains du jeune homme. De profondes coupures zébraient les deux paumes ; les poignets et les avant-bras étaient recouverts d'ecchymoses. Bobbie avait assez d'espérience pour savoir ce que ça signifiait.
- Allez attendre dehors, ordonna t'elle à Ed Regis.
- Pourquoi ? demanda t'il, manifestement inquiet de la tournure que prenaient les choses.
- Voulez vous que je le soigne ou non ? lança t'elle en le repoussant vers la porte qu'elle lui claqua au nez.
Elle ne savait pas ce qui s'était passé, mais elle n'aimait pas ce qu'elle voyait.
- Je continue à nettoyer la plaie ? demanda Manuel d'une voix hésitante.
- Oui.
Elle alla chercher spn petit Olympus Autofocus et prit plusieurs photos des blessures en changeant de position pour avoir un meilleur éclairage. Cela vraiment à des morsures. Quand le blessé fit entendre un gémissement, elle reposa son appareil et se pencha vers le jeune homme. Elle vit ses lèvres remuer.
- Jun... articula t'il avec difficulté. Lo Jun...Ko !
A ces mots, Manuel eut un mouvement de recul horrifié.
- Qu'est ce que ça veut dire ? demanda Bobbie.
- Je ne sais pas, docteur, répondit vivement Manuele en secouant la tête. Lo Junko... No es Alolién.
- Vraiment ? fit Bobbie, qui avait pourtant cru reconnaître des mots Aloliens. Dans ce cas, continuez à nettoyer ses blessures.
- Non, docteur, répliqua Manuel en froncant le nez. Mauvaise odeur, ajouta t'il en se signant.
Bobbie examina de nouveau les traînées d'écume visqueuse. Elle en prit un peu et la frotta entre ses doigts : cela ressemblait beaucoup à de la bave... Le blessé remua encore les lèvres.
- Jungko, murmura t'il d'une voix à peine audible.
- Il a été mordu, fit Manuel d'une voix horrifiée.
- Par quoi ?
- Un Jungko.
- Qu'est ce que c'est ?
- Lo Marshadow.
Le visage de Bobbie s'assombrit. Les Aloliens n'étaient pas particuliérement superstitieux, mais elle avait déjà entendu au village ce nom de Marshadow. S'il fallait en croire les rumeurs, il s'agissait d'esprits nocturnes, de vampires qui enlevaient des enfants en bas âge. D'après les croyances populaires, les Marshadows, qui vivaient autrefois dans les montagnes, habitaient maintenant dans les îles.
Manuel continuait à reculer en se signant et en marmonnant des paroles incompréhensibles.
- Ce n'est pas normal, cette odeur, murmura t'il. C'est la hupia. Bobbie s'apprêtait à lui ordonner de se remettre au travail quand le blessé ouvrit les yeux et se dressa sur son séant. Manuel poussa un hurlement de terreur. Le jeune homme gémit et tourna la tête de droite et de gauche, les yeux écarquillés, puis il vomit du sang. Il se tordit aussitôt dans les convulsions. Bobbie essaya de le retenir, mais il tomba de la table sur le sol de ciment. Il vomit derechef, il y avait du sang partout.
- Que se passe t'il ? demanda Ed Regis en ouvrant brusquement la porte.
En voyant le sang, il se détourna en portant la main à sa bouche. Bobbie saisit une baguette qu'elle glissa entre les mâchoires crispées du jeune homme, mais elle comprit qu'il était trop tard. Le corps fut secoué d'un dernier spasme, puis il se détendit et demeura inerte.
Elle se pencha pour pratiquer le bouche à bouche, mais Manuel la prit par l'épaule et la tira violemment en arrière.
- Non ! s'écria t'il. Lo Marshadow passerait dans votre corps.
- Manuel, je vous en prie !
- Non ! répéta t'il en affrontant hardiment son regard. Il y a des choses que vous ne pouvez pas comprendre !
Bobbie baissa les yeux sur le corps étendu sur le ciment et elle comprit qu'il ne servait à rien d'insister : jamais elle n'aurait réussi à le ranimer. Manuel appela les noirs, qui entrérent dans la salle d'examens et emportèrent le corps. Ed apparut à son tour, s'essuyant la bouche du dos de la main.
- Je suis sur que vous avez fait tout votre possible, marmonna t'il.
Bobbie suivit du regard les hommes qui transportaient le corps. Ils le hissèrent dans l'hélicoptère et l'appareil décolla aussitôt en vrombissant.
- C'est mieux comme ça, déclara Manuel.
Bobbie songeait encore aux mains du jeune homme, sillonées de coupures et couvertes d'ecchymoses, des mains levées pour se défendre. Elle avait maintenant la conviction qu'il n'avait pas péri dans un accident du travail, mais qu'il avait été attaqué et avait simplement cherché à se protéger.
- Où se trouve cette île ? demanda t'elle.
- Dans l'océan. A environ cent quatre-vingts kilomètres de la côte.
- Un endroit bien isolé pour un parc de loisirs.
- J'espère qu'ils ne reviendront pas, dit Manuel en suivant des yeux l'hélicoptère qui s'éloignait rapidement.
J'ai au moins réussi à prendre quelques photos, songea Bobbie. Mais, quand elle retourna dans la salle d'examens, elle constata que son appareil avait disparu.


Dans le courant de la nuit, la pluie cessa enfin. Seule dans sa chambre, à l'arrière de la clinique, Bobbie se plongea dans son dictionnaire d'Alolien très usagé. Le jeune homme avait dit "Jungko" et malgré les dénégations de Manuel, elle soupçonnait que c'était un mot espagnol. Elle le trouva effectivement ; il signifiait "ravisseur" ou "kidnappeur".
Cela lui donna à réfléchir ; le sens de ce mot était étrangement proche de celui de Marshadow. Il allait sans dire qu'elle ne croyait pas à cette superstition et que les mains du jeune homme n'avaient pas été lacérées par un fantôme.
Qu'avait t'il essayé de lui révéler ?
Elle entendit des gémissements venant de la pièce voisine. Une des villageoises était dans les douleurs de l'accouchement et Elena Morales, la sage-femme de la clinique, se trouvait à son chevet. Bobbie entra dans la salle de travail et fit signe à Elena de sortir avec elle.
- Elena...
- Si, docteur ?
- Savez vous ce qu'est un raptor ?
Robuste et grisonnante, âgée d'une soixantaine d'années, la sage-femme avait l'esprit pratique et les pieds sur terre. A la clarté des étoiles, Bobbie la vit plisser le front.
- Un raptor ?
- Oui. Vous connaissez ce mot ?
- Si, fit Elena en hochant la tête. C'est... Une personne qui vient dans la nuit et qui enlève un enfant.
- Un kidnappeur ?
- Oui.
- Un Marshadow ?
L'attitude de la sage-femme changea du tout au tout.
- Ne prononcez pas ce mot, docteur.
- Pourquoi ?
- Ne parlez pas de Marshadow en ce moment, reprit Elena avec fermeté en indiquant de la tête la porte de la salle de travail. Ce n'est pas prudent.
- Est ce qu'un Jungko mord et lacére ses victimes ? insista Bobbie.
- Non, docteur, répondit la sage-femme, l'air perplexe. Pas du tout... Un Jungko est un homme qui enlève les nouveaux-nés.
Elle semblait irritée par la conversation et impatiente d'y mettre un terme.
- Je vous appellerai quand elle sera prête, docteur, poursuivit t'elle en repartant vers la salle de travail. Je pense qu'il y en a encore pour une ou deux heures.
Bobbie leva la tête vers les étoiles. Elle entendait le doux clapotis des vagues sur la grève et distinguait dans l'obscurité les barques de pêche amarrées à une encablure du rivage. La scéne était si paisible, si rassurante, qu'elle se sentait idiote de parler de vampires et de bébés kidnappés.
Bobbie regagna sa chambre en se souvenant que Manuel avait affirmé avec insistance que ce n'était pas un mot Alolien. Par curiosité, elle ouvrit son petit dictionnaire de Galarien, et, à son grand étonnement, elle découvrit que le mot y figurait également.

Jungko [deriv of L. Jungko pillard, kl. raptus] : oiseau de proie.

Posté à 19h19 le 29/06/20

Hello ! J'viens de lire tout ça et ça s'est beaucoup amélioré, bravo ! Malgré tout, quelques fautes d'accords et de concordance des temps subsistent, n'hésite surtout pas à faire relire ton texte par quelqu'un avant de le poster :)

Il y a une petite erreur de cohérence : l'espagnol existe dans le monde de Pokémon ? Si oui et que tu te base sur notre monde, pourquoi l'alolien existe ?

Aussi, ça manque d'une introduction. Tous les personnages sont introduits en même dans dans une péripétie sans situation initiale, ce qui peut rapidement perdre. Je vais prendre en exemple le Seigneur des Anneaux car c'est un exemple assez frais dans ma tête, mais en soi tu peux prendre plus ou moins n'importe quel livre. On part d'une situation initiale ou on introduit Hobbitown, la Comté (l'équivalent de ton premier post sur ce topic), et les personnages de Frodon et Bilbon qui vivent sans trop de problèmes. Ensuite on introduit Gandalf, puis le problème de l'anneau et l'antagoniste, puis le royaume des elfes, le pourquoi Frodon doit partir en voyage et enfn la communauté de l'anneau qui reprend tous les personnages principaux (le seigneur des anneaux très très mal résumé bonjour) pour commencer la quête. Là, ce serait l'équivalent d'avoir commencé le livre à la création de la communauté, ce qui fait qu'on a un tas de personnages dont on ne sait rien, et qui ont directement une péripétie dont on finit par décrocher car on n'a de toute façon pas d'empathie pour ces personnages, ni de connaissances sur leur environnement proche. Alors attention, je demande pas d'écrire un "à propos des Hobbit" de 50 pages (ne faites jamais ça) mais introduire les personnages un par un ainsi que leur environnement aiderait sûrement beaucoup à la bonne compréhenssion du récit, ainsi qu'à l'accroche du lecteur.

Quoiqu'il en soit, j'ai très envie de lire la suite, bon courage ! :)

Posté à 07h31 le 01/07/20

Alors l'espagnol est sensé exister dans le monde de Pokémon mais comme on ne connais pas le nom de la région, je préfère ne pas m'avancer. De plus, de par sa proximité supposée avec Unys, la langue Alolienne à du subir quelques déformations.
Et, sur ce post, je voulais juste montrer la situation "pratique" à Alola avec des dinosaures qui s'échappent déjà de l'île. Les personnages principaux de ce chapitre ne seront aucunement ceux du livre en lui-même. Ici ce serait plus si on montrait le, chaipas, Gondor en train de s'apercevoir que les cavaliers noirs galopent vers la Comté.

Posté à 11h53 le 02/07/20

Hmm je vois ce que tu veux dire, dans ce cas je pense qu'il aurait mieux fallu prendre une scène plus simple (avec moins de personnages) à moins que ceux-ci ne soient utiles pour la suite du scénario !

Posté à 10h44 le 04/07/20

J'essaierait d'y penser. Je vais essayer de sauter quelques passages du livres pour montrer plus vite les personnages principaux.

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