Théories Biologie

Évolution et formes régionales

Illustration théorie
Comment imaginez-vous Noadkoko sous le soleil d'Alola ? Son majestueux cou de dragon grandirait d'un coup, faisant pâlir de jalousie Méga-Pharamp ?
Qu'est-ce que cette transformation bizarre a à voir avec l'évolution de Darwin ?


Évolution des espèces


C'est bien beau de parler d'évolution (néo-)darwinienne, mais est-ce qu'elle existe dans Pokémon au moins ?

Une transformation lente...


Que ce soit Magicarpe qui perd en puissance, Tritosor qui perd sa carapace ou Kabutops qui est venu sur la terre ferme : les Pokémon se transforment sur de grandes périodes de temps, que ce soit en bien ou en mal. L’évolution est la transformation des espèces vivantes qui se manifeste par des changements de leurs caractères génétiques au cours des générations.

... Et inévitable ?


Kabuto et Relicanth ne connaissent en apparence aucune évolution pendant des centaines de millions d’années. C’est possible si leur environnement est suffisamment isolé pour ne subir aucune modification pendant tout ce temps, ou si l’espèce est déjà adaptée aux différents environnement dans lesquels il est emmené à vivre.

Une histoire de famille


L’évolution implique le principe d’ancêtre commun. Une première forme de vie a vu le jour, et les millions d’années passant, elle se diversifie, donnant progressivement naissance à toutes les espèces que nous connaissons aujourd’hui. C’est le processus de la spéciation. D'après le Pokédex, Mew, Anorith et Arkéapti seraient les ancêtres de Pokémon que nous connaissons.
Certains s’essayent même à reconstituer des arbres phylogénétiques pour Pokémon, c’est-à-dire un schéma montrant les liens de parenté entre toutes les espèces.

Extrait de l'arbre phylogénétique de TinySamurai


Mais dans les détails, comment s’explique l’évolution et quelles sont ses conséquences ?


Survie des espèces


Tous les Pokémon normalement constitués se reproduisent et s’insèrent dans une chaîne alimentaire. Le principe de survie s’impose donc même dans le Pokémonde. Comment les espèces survivent ou disparaissent ?

Conditions de survie


D'après le Pokédex d'Écrapince :
C'est une créature très résistante qui prolifère rapidement, même dans les eaux polluées. Les Écrapince étaient au départ des Pokémon étrangers importés comme animaux domestiques. Ils ont fini par retrouver leur état sauvage. Ce Pokémon est particulièrement robuste et sa population augmente sans arrêt. Écrapince attrape ses proies avec ses puissantes pinces. Pour la nourriture, il n'est pas difficile. Il mange de tout.

Guide du parfait survivant : un Pokémon qui copule rapidement et facilement, qui trouve facilement des ressources et qui est résistant autant à son environnement que face aux autres Pokémon. Ce sont donc bien ces critères qui rentrent en jeu dans la survie d’une espèce. Comme Bulbizarre, Sabelette, Cacnéa, Médittika ou Rapion, un Pokémon qui peut stocker ses ressources ou économiser son énergie n’a aucun mal à survivre non plus.

Gare à l’extinction !


Canarticho, Lokhlass ou Amonistar sont mal adaptés à leur environnement et subissent une prédation qui lui sera fatale ou ont du mal à trouver des ressources. S’ils ne survivent pas assez longtemps pour se reproduire, l'espèce s'éteint !
D’autres contraintes existent, et ce malgré la force du Pokémon. Notamment les catastrophes naturelles (météorites, éruptions...) dans le cas de Ptéra. Dans ce cas-là se sont peut-être ses proies qui se sont éteintes, ne lui laissant plus aucune ressource. Kabutops, lui, aurait pu manquer de proie mais a réussi à venir sur la terre ferme.


Sélection naturelle


Pour que le Pokémon puisse survivre et se reproduire comme Écrapince, il faut qu’il s’adapte à son environnement. Comment est-ce possible ?

Différences au sein d’une population


Il y aurait des différences de caractères génétiques, soit des mutations, au sein d’une population de même espèce.
Cependant, ces variations sont rares à cause des contraintes techniques. Ça peut être la taille, le poids ou la couleur, les IV, ou même le chromatisme qui changent d'un individu à l'autre. C’est le principe de variation.

Avantage sélectif


Ces mutations préalables pourraient aider certains davantage que les autres dans des environnements précis, que ce soit pour survivre ou pour se reproduire. On parle d’avantage sélectif.

D'après Pokédex Anorith :
Un ancêtre Pokémon dont les 8 pattes se sont changées en ailes à force de vivre dans l'océan.

Imaginons : Les Anorith ayant des pattes mutées en ailes survivent mieux que les autres, donc se reproduisent davantage, transmettant ce caractère à de plus en plus de monde. Au contraire, les pauvres Anorith ayant encore de simples pattes galèrent dans l’eau et n’arrivent pas à pécho à temps. Le caractère « pattes normales » se transmet de moins en moins, jusqu’à disparaître.


Mutations héréditaires


Je parle de transmission de caractère mais… Cela n’est pas tout le temps possible ! Il faut que le caractère soit héréditaire, qu’il puisse se transmettre à la descendance du Pokémon.

Lors de la reproduction, l’information génétique est transmise des parents aux enfants. Seules certaines mutations sont héréditaires. Les mutations provoquées par l’extérieur (régime alimentaire, radiation d’une pierre...) ne sont pas héréditaires. Sauf dans des cas extrêmement rares.
Si un Pokémon subit une mutation qui n’est pas héréditaire, alors la spéciation est impossible : ce n’est pas une sous-espèce.


Apparition de sous-espèces


Mais alors… Il suffirait de placer une espèce assez longtemps dans un tout autre environnement, pour que par la sélection naturelle, elle développe de nouvelles stratégies de survie et évolue. C’est comme ça que naîtrait les sous-espèces. Vérifions ça.

Les Pokémon des îles


Ainsi, Noadkoko profite du soleil pour pousser davantage. Goupix et Sabelette se sont adaptés au climat glacial tandis que Taupiqueur a gagné ses capteurs métalliques dans le milieu volcanique. Ossatueur et Rattata adoptent une stratégie en réaction à la prédation qu’ils subissent. Quant à Tadmorv, il a dû changer de régime et se nourrir de déchets plutôt que de la pollution.
Le cas de Miaouss ne relève pas de la sélection naturelle, mais plutôt de la sélection artificielle, par la famille royale. D'après Raphaël Chen ils ont conscience des critères de beauté à Alola et modèlent leur visage lors de leur évolution en Persian.

Donc normalement, si vous importez un Noadkoko petit et boudiné de Hoenn à Alola, il ne va pas pousser subitement. Il restera petit et boudiné toute sa vie. Car la vie est cruelle.

Alola n’est pas la seule île où les espèces ont dû s’adapter à un environnement tropical ! C’est aussi le cas de l’île de Valencia dans l’Archipel Orange, qui possède bon nombre de sous-espèces endémiques (= uniques à cette région).


D'après Professeur Flora :
Le climat tropical de cette île est très différent de celui où vous habitez. Il est naturel que les différences entre l’environnement créent des différences au niveau des Pokémon qui vivent ici.


Autres variations régionales


Certains Pokémon, sans forcément vivre sur une île tropicale isolée, se différencient physiquement d’une région à l’autre.

Sancoki et Tritosor constituent le cas le plus spectaculaire de variation régionale, avec une forme orientale et une forme occidentale. Peut-être cette différence est due à un camouflage plus adapté aux paysages. En tout cas c’est la séparation de l’espèce par la chaîne montagneuse de Sinnoh qui a provoqué l’apparition des sous-espèces.

Les cas inconnus


N'ayant jamais rencontré les Pokémon suivants, il est difficile de savoir si leurs formes sont définitives et héréditaires, et donc s'il s'agit de sous-espèces.

Le sens de la spirale sur le ventre de Ptitard change selon qu'il se trouve au Nord ou au Sud de l'équateur, par référence à la force de Coriolis.

Il existe six variations des motifs sur Arbok, selon l'environnement. De même, les motifs sur Babimanta change selon les régions. Nous pouvons supposer que leurs motifs servent notamment à intimider les proies ou à détourner l’attention des prédateurs, s’adaptant donc à ces derniers.

Qui ne sont pas des sous-espèces ?


D'autres espèces de Pokémon peuvent se transformer en fonction de leur environnement... Pour autant, peut-on les considérer comme des sous-espèces ?

À la manière d’Evoli, beaucoup de Pokémon se morfondent dans leur environnement. Flabébé et Cheniselle intègrent à leur corps des éléments naturels, qu’ils ne quittent plus de toute leur vie. Tandis que Vivaldaim se camoufle en revêtant les couleurs des saisons. De même pour les Prismillon qui se fondent dans la nature selon le climat de leur lieu de naissance.

D’autres Pokémon mutent à cause de leur régime alimentaire. La couleur des pétales de Rosélia change selon les nutriments de l’eau qu’il absorbe. Le ciel étoilé a une incidence sur les taches de Coxyclaque, tirant son énergie des étoiles. L’Onix de cristal de l’anime s’est probablement transformé à force de manger des cristaux. À Alola, les Plumeline changent de forme à cause du nectar des fleurs propres à chaque île.

Ces Pokémon-là connaissent des transformations en réponse à un environnement (et non au préalable), avec des caractères provisoires ou en tout cas non-héréditaires. Ces transformations n’ont rien à voir avec la spéciation.