Messages de superpoke3000

80 messages trouvés.

Posté à 09h17 le 04/03/21

Les Centres Pokémon sont-ils vr ...
J'ai toujours cru que c'était payé par les impots de la région personellement

Posté à 11h16 le 13/02/21

Pokémon Park ! ...

Quand les dinosaures régnaient sur la terre.



Ils se retrouvèrent dans le centre des visiteurs, un bâtiment de deux étages, tout en verre. Avec ses poutrelles et ses supports de charpentes anodisés, Grant lui trouvait un aspect résolument high-tech. Il y avait un petit auditorium dominé par un Rexillius Tyrannus, un robot à l'air menaçant dressé près de l'entrée d'une galerie d'exposition portant un écriteau : QUAND LES DINOSAURES REGNAIENT SUR LA TERRE. Un peu plus loin, d'autres panneaux indiquaient : QU'EST-CE QU'UN DINOSAURE ? et LA TERRE AU MEZOZOIQUE. Mais les travaux n'étaient pas terminés, et, sur le sol, courait un enchevêtrement de fils et de câbles. Gennaro grimpa sur l'estrade et s'adressa a Grant, Ellie et Malcolm d'une voix qui résonnait légèrement dans la salle vide.
Hammond s'installa au fond, les mains croisées sur la poitrine.
- Nous allons commencer la visite des installations, commença Gennaro, et je suis sûr que M. Hammond et son équipe auront à cœur de tout nous montrer dans les meilleures conditions. Avant de commencer, je désirais simplement vous rappeler la raison de notre présence et la décision qu'il me faudra prendre à la fin de notre séjour. Vous avez tous compris maintenant que nous nous trouvons sur une ile dans laquelle des dinosaures, produits du génie génétique, ont la possibilité de vivre dans un environnement naturel formant un parc zoologique à vocation touristique. Les installations ne sont pas encore ouvertes au public, mais elles doivent l'être dans un an. La question à laquelle je vous demande de répondre est très simple. Cette ile offre-t-elle les garanties de sécurité ? Est-elle sans danger pour les visiteurs et n'y a-t-il pas de risques que les dinosaures s'en échappent ? Il y a d'abord deux points que je tiens à examiner avec vous, reprit l'avocat après avoir baissé les lumières de la salle. En premier lieu, une identification faite par le docteur Grant d'un dinosaure découvert sur la côte de Poni. Ce dinosaure, jusqu'alors inconnu, n'a été identifié que par un fragment. Il a été découvert au mois de juillet de cette année, après que le Pokémon eut, selon toute vraisemblance, attaqué et mordu une fillette Unyssoise. Le Dr Grant pourra ultérieurement vous fournir tout les détails dont il dispose. J'ai demandé que le fragment du corp de l'animal, actuellement dans un laboratoire de Volucité, nous soit expédié afin de pouvoir l'étudier directement. Mais il y a un autre élément auquel je vous demande de prêter attention. Alola dispose d'un excellent service de santé qui réunit et analyse des données de toute sorte. Depuis le mois de mars de cette année, des lézards auraient mordu un certain nombre de bébés dans leur berceaux ; j'ajoute qu'ils auraient également mordu des personnes âgées, profondément endormies. Des attaques sporadiques ont étés signalées dans plusieurs villages de l'archipel, du Village Flottant au Village Toko. Après le mois de mars, plus aucune morsure de lézard n'a été signalée. Mais je me suis procuré un diagramme établi par le Service de santé publique de San José et présentant la mortalité infantile dans les agglomérations de Poni et d'Ula Ula, pour les six premiers mois de l'année.

"J'attire votre attention sur deux points, poursuivit Gennaro. D'abord, la mortalité infantile, faible pendant les mois de janvier et de février, augmente brusquement en mars, puis baisse de nouveau en avril. Mais, à partir du mois de mai, elle demeure élevée jusqu'en juillet, à l'époque où la fillette Unyssoise a été mordue. Le Service de la santé publique a l'impression que quelque chose agit sur la mortalité infantile, mais que les habitants des villages côtiers gardent le silence. Le second point, ce sont ces pointes bimensuelles qui semblent suggérer l'existence d'un phénoméne présentant une alternance.
"Voilà, conclut Gennaro tandis que les lumières revenaient. C'est sur ces différents points que j'aimerai avoir des explications. Et maintenant, y a-t-il des... ?
- Nous pouvons gagner du temps, lança Malcolm sans le laisser achever sa phrase. Je vais vous expliquer tout de suite.
- Vraiment ? fit Gennaro.
- Oui, répondit le mathématicien. Tout d'abord, il est très vraisemblable que des dinosaures aient réussis à s'échapper de l'ile.
- Arrêtez vos conneries ! gronda Hammond du fond de la salle.
- Deuxièmement, le diagramme du Service de la santé publique n'a presque certainement aucun rapport avec des animaux qui se seraient évadés.
- Comment pouvez vous savoir cela ? demanda Grant.
- Vous remarquerez que ce graphique présente une alternance de pic et de creux, expliqua Malcolm. C'est une courbe caractéristique de nombreux systèmes complexes. Prenons l'exemple d'un robinet laissant couler de l'eau. Si on l'entrouvre, l'eau s'écoulera goutte à goutte, avec un mouvement continu, mais, si on l'ouvre un peu plus afin de créer une légère turbulence dans le flux, on observera une alternance de grosses et petites gouttes. Ploc ! Ploc !... Ploc ! Ploc !... Comme cela. Vous pouvez faire l'expérience. La turbulence produit l'alternance... C'est une signature. De même, quand une nouvelle maladie se propage au sein de cette communauté, on obtient une courbe de ce type.
- Mais pourquoi affirmez vous qu'elle n'est pas provoquée par des dinosaures échappés ? demanda Grant.
- Parce qu'il s'agit d'une signature non linéaire, répondit Malcolm. Il faudrait des centaines d'animaux échappés pour arriver à ce résultat et je ne pense pas que des centaines de dinosaures aient réussis à quitter l'ile. J'en conclus donc qu'un autre phénomène, tel qu'une grippe d'un type nouveau, est responsable des fluctuations que l'on observe sur ce graphisme.
- Mais vous pensez quand même que des dinosaures se sont échappés ? insista Gennaro.
- Probablement.
- Pourquoi ?
- A cause de ce qu'on est en train de faire ici. On essaye de recréer sur cette ile un environnement naturel du passé, un monde isolé où des animaux appartenant à des espèces disparues vivront en liberté. Exact ?
- Oui.
- A mon avis, une telle entreprise est vouée à l'échec. Les probabilités sont si élevées qu'il n'est même pas utile de les calculer... C'est comme si vous me demandiez si vous êtes imposables avec des revenus annuels d'un milliard de dollars. Vous n'avez même pas à prendre votre calculatrice. De la même façon, je suis absolument convaincu que l'on ne peut réussir à faire reproduire la nature comme vous tentez de le faire ou espérer en isoler une parcelle.
- Pourquoi pas ? Après tout, il y a des parc zoologiques...
- Les parcs zoologiques ne recréent pas la nature, rétorqua Malcolm. Soyons précis : les zoos prennent la nature telle qu'elle existe déjà et la modifient très légèrement afin de créer des enclos pour les Pokémons. Aussi minimes soient-elles, ces modifications sont souvent un échec et les Pokémons s'échappent régulièrement. Mais votre parc n'a pas été construit sur le modèle d'un zoo. Il est beaucoup plus ambitieux dans sa conception, qui s'apparente à la création d'une station spatiale sur la terre.
- Je ne comprend pas, fit Gennaro en secouant la tête.
- C'est pourtant très simple. A part l'air qui, dans tout les cas, circule librement, tout dans ce parc vise à l'isolement. Rien ne peut entrer ni sortir. Les animaux qui y vivent ne pourront jamais se mêler au grands écosystèmes de la planète. Il leur est interdit de s'échapper.
- Et cela ne s'est jamais produit, lança Hammond.
- Un tel isolement est impossible, poursuivit Malcolm d'un ton péremptoire. C'est tout simplement irréalisable.
- Mais si, c'est réalisable ! Cela se fait partout !
- Pardonnez-moi, répliqua Malcolm, mais je pense que vous ne savez pas de quoi vous parlez.
- Votre arrogance est insupportable ! s'écria Hammond en se dressant d'un bond et en quittant précipitamment la salle.
- Messieurs ! implora Gennaro. Messieurs, je vous en prie !
- Je regrette cet incident, reprit Malcolm, mais je maintient ma position. Ce que nous appelons "nature" est en réalité un système complexe beaucoup plus fragile que nous ne voulons le reconnaitre. Nous fabriquons une image simplifiée de la nature, puis nous la dégradons. Je ne suis pas un environnementaliste, mais il y a des choses qu'il faut bien comprendre. Combien de fois faudra-t-il revenir là-dessus ? Combien de fois faudra-t-il nous fourrer les preuves sous le nez ? Nous avons commencé à construire le phare de Carmin-sur-mer en déclarant qu'il allait apporter une nouvelle vitalité commerciale à la région. Résultat : le chantier a détruit l'espèce d'artichaut utilisée par Canarticho pour se défendre, ce qui a failli éteindre l'espèce. Nous avons construit...
- Pardonnez moi de vous interrompre, dit Gennaro, mais je croit entendre le bruit d'un hélicoptère. C'est probablement l'échantillon que je voudrais faire examiner par le Dr Grant.
Il sortit de l'auditorium, et tous les autres le suivirent.

Au pied de la colline, les veines du coup gonflées, Gennaro hurlait pour couvrir le bruit des rotors d'un hélicoptère.
- Qu'est-ce que vous avez fait ? Vous avez invité qui ?
- Calmez vous, fit Hammond.
- Vous êtes complétement cinglé ! s'écria Gennaro.
- Ecoutez, répondit Hammond en se redressant, je pense que le moment est venu d'avoir une explication...
- C'est ça, ayons une explication ! Vous n'avez donc pas compris qu'il ne s'agit pas d'une visite organisée ni d'une excursion de week-end !
- Cette ile m'appartient et je peux inviter qui bon me semble !
- Je suis ici pour mener une enquête approfondie sur cette ile, à la demande des investisseurs qui redoutent que la situation ne vous échappe. Nous considérons que cet endroit est extrêmement dangereux et...
- Vous ne me contraindrez pas à fermer le parc, Donald...
- S'il le faut, je le ferai...
- Contrairement à ce que prétend ce foutu mathématicien, il offre toutes les garanties de sécurité...
- Absolument pas !
- Et je vais le prouver en...
- J'exige que vous les fassiez immédiatement remonter dans cet hélicoptère ! lança Gennaro.
- Impossible ! répliqua Hammond en levant un doigt vers le ciel. Il est déjà reparti.
De fait, le bruit des rotors commençait à diminuer.
- Arceus ! grogna l'avocat. Vous ne vous rendez pas compte que vous risquez inutilement...
- Allons, allons, fit Hammond d'un ton apaisant. Nous reprendrons cette discussion plus tard. Je ne veux pas perturber les enfants.
Grant se retourna et vit deux enfants descendre le sentier en compagnie d'Ed Regis. Il y avait un garçon à lunettes, âgé d'une douzaine d'années, et une fillette plus jeune, d'environ sept ou huit ans, les cheveux blonds ramassés sous une casquette de combat Pokémon du Pokéhatlon, un gant de cuir sur l'épaule. Ils avaient chacun trois Pokéballs à leur ceinture.
- Arceus ! souffla l'avocat entre ses dents.
- Doucement, fit Hammond. Leurs parents sont en instance de divorce et je tient à ce qu'ils passent un excellent week-end.
- Bonjour, grand-père, dit la fillette en levant une main hésitante. Nous voilà.

Posté à 14h26 le 27/01/21

Pokémon Park ! ...

Seconde itération



Le Parc Pokémon.



Ils s'engagèrent dans un tunnel de verdure formé de feuilles de palmier en voute qui menait au bâtiment principal. Partout, des plantations foisonnantes et soigneusement choisies accentuaient l'impression qu'avait le visiteur de pénétrer dans un autre monde, un univers préhistorique à la végétation tropicale.
- Ils ont l'air très bien, dit Ellie à Grant.
- Oui, fit-il, mais je veux les voir de plus près. Je veux soulever leurs pattes pour inspecter les griffes et toucher leur peau. Je veux ouvrir leurs mâchoires et regarder les dents. Je veux les voir attaquer. Tant que je n'aurais pas fait tout cela, je n'aurait aucune certitude. Mais c'est vrai, ils ont l'air très bien.
- Je suppose que cela apportera des changements dans votre spécialité, lança Malcolm.
- Oui, fit Grant en remuant la tête. C'est une révolution.
Pendant cent cinquante ans, depuis la découverte des premiers ossements d'animaux géants dans l'alliance Galar/Kalos, l'étude des dinosaures avait été un exercice de déduction scientifique. La paléontologie consistait essentiellement en un travail de détective, la recherche d'indices dans les ossements fossilisés et les empreintes des géants du passé. Les meilleurs spécialistes étaient ceux qui arrivaient au déduction les plus ingénieuses.
Toutes les grandes controverses paléontologiques se déroulaient de cette façon, y compris l'âpre débat dans lequel Grant était un des personnages clés ; comment déterminer si les dinosaures étaient ou non des Pokémons à sang chaud ?
Les scientifiques avaient toujours classifié les dinosaures comme des reptiles, des animaux à sang froid tirant du milieu ambiant la chaleur dont ils avaient besoin. Une poignée de chercheurs, sous l'impulsion de John Ostrom et Robert Bakker, de l'université d'Ogoesse, avait commencé à soupçonner que l'idée selon laquelle les dinosaures étaient des animaux indolents, à sang froid, n'apportait pas des explications totalement satisfaisantes aux découvertes de fossiles. En suivant la méthode déductive traditionnelle, ils avaient été amenés à cette conclusion par un faisceau d'indices.
Tout d'abord, l'attitude : les lézards et les reptiles sont des animaux rampants aux pattes tournées vers l'extérieur et qui collent leur ventre au sol pour profiter de la chaleur - à part certains rares Pokémons Feu qui produisent leur propre chaleur par combustion comme Dracaufeu. Les lézards n'ont pas la force de se soulever sur leurs membres postérieurs pendant plus de quelque secondes alors que les dinosaures se tenaient debout, les membres à l'aplomb du corps, et qu'un grand nombre d'entre eux marchaient sur leurs pattes arrières. Parmi les animaux contemporains, la station debout ne s'observe que chez les mammifères, les oiseaux et les Pokémon Feu qui sont capables de réguler la température de leur corps. L'attitude des dinosaures suggère donc qu'il s'agissait d'animaux à sang chaud.
Les chercheurs étudièrent ensuite le métabolisme, calculèrent la pression nécessaire pour faire monter le sang le long des cinq mètres cinquante du cou d'un Méganium et en déduisirent que ce n'était possible qu'avec un coeur à quatre ventricules et un sang chaud.
Ils étudièrent les traces, les empreintes fossilisées laissées dans la boue et en conclurent que certains dinosaures couraient au moins aussi vite que des humains, ce qui impliquait qu'il s'agissait d'animaux à sang chaud. Ils découvrirent des restes de dinosaures au delà du cercle arctique, un environnement inimaginable pour un reptiles. Les études les plus récentes de comportement de groupe, reposant largement sur les propres travaux de Grant, laissaient supposer que les dinosaures avaient une vie sociale complexe et, contrairement au reptiles, prenaient soin de leurs petits. Les Tortank abandonnent leurs oeufs, mais les dinosaures ne le faisaient probablement pas.
La controverse sur la thermorégulation avait fait rage pendant quinze ans, avant que tout le monde se rallie à l'idée que les dinosaures étaient des animaux rapides et actifs, et il subsistait des rancoeurs si profondes que certains spécialistes participant au même colloque ne s'adressaient toujours pas la parole.
Mais s'il était devenu possible de cloner des dinosaures, la spécialité de Grant allait changer du tout au tout. C'en était fini de l'étude paléontologique des dinosaures. Toute la structure existante - les salles de musée exposant des squelettes géants et résonnant d'exclamations étouffées des troupes d'écolier, les laboratoires universitaires avec leurs plateaux remplis d'os, les thèses de recherche, les revues spécialisées - tout cela allait disparaitre, ou en tout cas changer du tout au tout.
- Vous ne semblez pas vraiment bouleversé, reprit Malcolm.
- Nous en parlons depuis un certain temps, répondit Grant en secouant la tête. Un grand nombre d'entre nous imaginaient que cela finirait par arriver... Mais pas si vite.
- C'est l'histoire de l'humanité, poursuivit Malcolm avec un petit rire. Tout le monde sait que cela arrivera, mais pas aussi vite qu'on l'imagine.
Ils continuèrent à descendre le sentier et perdirent de vue les dinosaures. Mais Alan entendait encore leur barrissements étouffés par la distance.
- J'ai une seule question à poser, dit-il. Où se sont ils procuré l'A.D.N ?
Il n'ignorait pas que dans certains laboratoires, à Mérouville, Céladopole ou Old Chister, des chercheurs envisageaient sérieusement la possibilité de cloner un Pokémon d'une race éteinte tel que le dinosaure. A condition de pouvoir se procurer l'A.D.N. indispensable, sachant que tous les dinosaures connus étaient fossilisés et que la fossilisation détruisait la plus grande partie de l'A.D.N. et la remplaçait par des matières minérales. Mais, si un dinosaure était congelé, conservé dans une tourbière ou momifié dans un milieu désertique, l'A.D.N. pouvait naturellement être récupérable.
Mais malgré les grandes probabilités - un antique Dragmara devait sans aucun doute apprendre des attaques pouvant geler - personne n'avait jamais découvert un Pokémon congelé ou momifié. Il n'existait donc pas de matériel pouvant servir au clonage et la technologie génétique la plus sophistiquée était parfaitement inutile. C'était comme si on disposait d'une photocopieuse sans rien avoir à reproduire.
- On ne peut reproduire un vrai dinosaure si l'on ne dispose pas d'A.D.N., fit observer Ellie.
- A moins qu'il n'existe un moyen auquel nous n'avons pas pensé, dit Grant.
- Quel moyen ? demanda-t-elle.
- Je ne sais pas, répondit Grant.

Après avoir franchi une clôture, ils arrivèrent à la piscine dont le trop-plein alimentait une cascade en gradin et une succession de petit bassins rocheux environnés par des fougères. On pouvait voir quelques Mystherbe et des Chétiflor, mais aussi des des pokémons violets, immobiles, et un autre vert et très gros, qui semblait endormi.
- C'est extraordinaire, n'est-ce pas ? fit Ed Regis. Ces plantes contribuent à créer une atmosphère préhistorique, surtout dans la brume. Ce sont, bien entendu, d'authentiques variétés du Jurassique.
Ellie s'arrêta pour observer les plantes de plus près. Regis n'avait pas menti : Il s'agissait bien de Lilia et Vacilys Veriformans, des plantes trouvée en abondances dans les couches fossilifères remontant à plus de deux-cent-cinquante millions d'années et qui n'était plus répandue que dans certains terrains marécageux d'Hoenn. Mais ceux qui avaient décidé d'installer cette variété de Pokémons Plantes près de la piscine ignoraient à l'évidence que leurs sève contenait un alcaloïde corrosif mortel, utilisé dans leurs attaques Acide et Suc Digestif. Même le simple contact des feuilles d'un rose attirant avait des effets toxiques, et, si un enfant en avalait une bouchée, il n'avait que très peu de chances de survivre. La toxine était cinquante fois plus puissante que celle d'un Séviper.
Ellie trouvait invraisemblable l'ignorance des gens en matière de plantes. Ils les choisissaient uniquement pour leur apparence, comme on choisit un tableau pour l'accrocher au mur. Jamais il ne leur venait à l'esprit que le végétaux, et même les Pokémons de type plante, étaient vivant et qu'ils accomplissaient toutes les fonctions vitales de respiration, d'ingestion, d'excrétion, de reproduction... et de défense.
Ellie savait que dans l'histoire du monde, les végétaux avaient évolué avec autant d'obstination que les animaux, et, d'une certaine manière, avec plus de cruauté. La toxine de Vacilys Veriforman n'était qu'un exemple de l'arsenal chimique très sophistiqué dont les végétaux s'étaient dotés. Il y avait des terpènes que certaines espèces répandaient autour d'elles pour empoisonner le sol et repousser les autres végétaux ; des alcaloïdes qui leur donnait un goût exécrable et les protégeaient des insectes, des prédateurs... et des enfants ; des phéromones servant a transmettre des messages... Quand un Fragilady était attaqué par des insectes, elle sécrétait une substance chimique et était imitée par d'autres Fragilady disséminés dans la forêt. Un corps chimique sécrété en signal par les arbres attaqués transmettait le message.
Ceux qui s'imaginaient que la vie sur terre se réduisait à des Pokémon se déplaçant sur une toile de fond verte se fourvoyaient grandement. Ce fond vert grouillait de vie. Les végétaux croissaient, se tordaient, se retournaient pour bénéficier de la lumière du soleil, dans une interdépendance continuelle avec les Pokémon, se protégeant d'eux avec leur écorce ou leurs épines, en empoisonnant d'autres ou bien en nourrissant certains afin d'assurer leur propre reproduction en dispersant leur pollen et leurs graines. Certaines plantes se déplaçaient, certaines étaient même devenue "intelligente" de la façon dont la plupart des gens l'entendait. Cependant, elle devenaient du même coup pour eux des Pokémon. Leur vie était un processus complexe et dynamique qu'Ellie avait toujours trouvé fascinant, mais elle n'ignorait pas que la plupart des gens n'y entendaient goutte.
Si le fait d'avoir installer des plantes toxiques tout près de la piscine constituait une indication, il semblait évident que les créateurs du parc Pokémon n'avaient pas pris toutes les précautions nécessaires.
- N'est-ce pas merveilleux ? poursuivit Ed Regis avec enthousiasme. Le batiment que vous voyez devant vous est notre Pavillon safari.
Ellie leva les yeux et découvrit une construction basse, au toit orné d'une succession de pyramides de verre.
- C'est là que vous dormirez tous pendant votre séjour dans le parc Pokémon.

La suite de Grant était dans les tons beiges, avec un mobilier de rotin à grands motifs vert jungle. Le séjour n'était pas tout à fait terminé ; il y avait du bois empilé dans la penderie et des morceaux de tubes électrique par terre. Dans un angle se trouvait un téléviseur sur lequel était posé un carton :

Canal 2 : Mont des Chapignon.
Canal 3 : Territoire des Galeking.
Canal 4 : Marais des Tropius.
Canal 5 : Domaine des Carnéléon.
Canal 6 : Pays des Stegolar.
Canal 7 : Vallée des Jungko.
Canal 8 : Pic des Ptéra.

Grant fut à la fois agacé et séduit par ces noms. Il alluma le téléviseur, mais n'obtint que des parasites. Il éteignit le récepteur, entra dans la chambre et lança sa valise sur le lit. Juste au dessus s'ouvrait une grande lucarne pyramidale qui donnait l'étrange impression au visiteur d'être sous une tente ou de dormir à la belle étoile. Le verre était malheureusement soutenu par d'épais barreaux dont l'ombre zébrait le lit.
Grant fronça les sourcils. Il avait vu les plans du pavillon et ne se souvenait pas de ces barreaux. En fait, les barres de métal semblaient avoir été ajoutées à la construction. A l'extérieur des parois de verre, on avait fixé un châssis d'acier noir auquel étaient soudés les barreaux.
Perplexe, Grant repassa dans l'autre pièce dont la fenêtre donnait sur la piscine.
- Au fait, Alan, lança Ellie en pénétrant dans la suite, sais-tu que ces plantes sont vénéneuses ? Et as-tu remarqué quelque chose dans nos chambres ?
- Ils ont modifié les plans.
- Oui, je crois, fit Ellie en marchant dans la pièce. Les fenêtres sont petites, ajouta-t-elle après un silence, et le verre trempé est monté dans un châssis d'acier. Les portes sont renforcées par une plaque d'acier... Tout cela ne devrait pas être nécessaire. As tu vu la clôture quand nous sommes arrivé ?
Grant acquiesça d'un mouvement de la tête. Toute la construction était entourée par une clôture au barreaux d'acier de deux à trois centimètres d'épaisseur. L'enceinte, peinte en noir mat pour imiter le fer forgé, était bien intégrée dans le paysage, mais aucun camouflage ne pouvait dissimuler l'épaisseur des barreaux ni la hauteur de trois mètres cinquante.
- Je ne crois pas non plus que cette clôture figurait sur les plans, poursuivit Ellie. Tout cela me donne l'impression qu'ils ont fait de cet endroit une véritable forteresse.
- Nous ne manquerons pas de soulever la question, dit Grant en regardant sa montre. La visite commence dans vingt minutes.

Posté à 10h09 le 10/01/21

Théories randoms qui le font ...
C'est Machoc. T'as dit Matchop au début, alors que c'est Machoc.

Posté à 18h45 le 09/01/21

Pokémon Park ! ...

Comité d'accueil



- Arceus ! souffla Ellie, les yeux fixés sur l'animal dont la tête dominait les arbres. Arceus !
Sa première pensée fut que le dinosaure était d'une extraordinaire beauté. Les livres les décrivaient comme des créatures colossales et obtuses, mais ce Pokémon de type Plante se déplaçait avec grâce, voire une manière de dignité. Et il était vif... Son comportement n'était assurément pas celui d'un lourdaud. Le sauropode les considéra avec attention, puis il émit une sorte de barrissement assez semblable à celui du Donphan. Quelques instants plus tard, une deuxième tête se dressa au-dessus des arbres, suivie d'une troisième et d'une quatrième.
- Arceus ! répéta Ellie, terrifiée.

Gennaro demeurait sans voix. Il savait depuis le commencement à quoi s'attendre - il le savait depuis plusieurs années - mais, au fond, il n'y avait jamais cru entièrement et là, en considérant cette scène, il avait le souffle coupé. Le pouvoir terrifiant des nouvelles technologies génétiques, qu'il avait jusqu'alors considérées comme de simples arguments de vente, lui apparaissait désormais avec une implacable clarté. Ces Pokémons étaient si gros ! Véritablement énormes, grands comme des maison ! Et ils étaient si nombreux ! Des dinosaures en chair et en os, aussi réels qu'on pouvait l'imaginer !
Nous allons gagner une fortune ici, songea-t-il. Une véritable fortune !
Il se prit à espérer que l'ile offrait toutes les garanties nécessaires de sécurité.

Immobile sur le sentier à flanc de colline, des trainées de brumes passant devant son visage, Grant ne pouvait détacher son regard des long cous gris tendus au-dessus des palmiers. Il était pris de vertige, comme si le sol plongeait à pic devant lui, et il avait de la peine à respirer. Il contemplait quelque chose qu'il avait cru ne jamais voir de son vivant. Et pourtant ce n'étaient pas des hallucinations.
Les animaux sortant de la brume étaient indiscutablement des Apatropis ajax, des sauropodes de taille moyenne. Son cerveau engourdi par l'émotion passait machinalement ses connaissances en revue : Herbivore d'Unys, fin du jurassique. Communément appelé : "Tropius". Découvert en 1876 par Edward Cope dans l'ouest d'Unys, près d'Amaillide. Auparavant classé dans la famille des Mégagnidés d'après le type, mais reclassé dans une nouvelle famille a laquelle il a donné son nom, les Tropidés, d'après sa forme de crâne inhabituelle. On considérait en géné;al que Tropius passait la majeure partie de son temps dans des eaux peu profondes, ce qui l'aurait aidé à soutenir son poids énorme. L'animal qui se dressait devant lui ne se trouvait manifestement pas dans l'eau, mais ses mouvements étaient très prompt ; la tête et me cou se déplaçaient au dessus des feuillages avec une grande vivacité... une étonnante vivacité.
Grant éclata de rire.
- Que se passe-t-il ? demanda Hammond d'une voix inquiète. Il y a quelque chose qui ne va pas ?
Grant se contenta de secouer la tête et continua de rire. Il ne pouvait pas leur dire que ce qui l'amusait tant, c'est qu'il lui avait suffi de quelques secondes pour accepter l'existence de l'animal et qu'il commençait à utiliser ses facultés d'observation pour répondre à certaines questions que se posaient depuis longtemps les spécialistes.
Il riait encore quand il vit apparaitre un cinquième, puis une sixième tête au-dessus des palmiers. Les sauropodes qui gardaient les yeux fixés sur le petit groupe évoquaient à Grant des Girafarig d'une taille démesurée... Ils avaient le même regard doux et un peu stupide.
- J'imagine que ce ne sont pas des animaux artificiels animés, fit Grant. Ils ont l'air tellement vivant.
- Bien sur qu'ils sont vivants, dit Hammond. Pourquoi voulez vous qu'ils ne le soient pas ?
Des barrissement se firent de nouveau entendre. D'abord le cri d'un seul animal, repris par ses congénères.
- C'est leur manière de nous souhaiter la bienvenue sur l'ile, déclara Regis.
Grant s'immobilisa et écouté, le visage extasié.
- Vous avez probablement envie de savoir ce que nous allons faire maintenant, repris Hammond en se remettant en route. Eh bien, nous avons prévu une visite complète de nos installations et, dans le courant de l'après-midi, nous feront le tour du parc pour admirer les dinosaures. Je vous retrouverais pour le diner et je répondrai à toute les questions que vous pourriez encore vous poser. Et maintenant, si vous voulez bien suivre M.Regis...
Le petit groupe emboîta le pas à Ed Regis qui se dirigeait vers le batiment le plus proche. Au bord du chemin, un écriteau peint à la main indiquait : BIENVENUE AU PARC JURASSIQUE.

Posté à 18h43 le 09/01/21

Le type Psy : mode réel ...
Quelle théorie ?

Posté à 19h12 le 04/01/21

Théories randoms qui le font ...

Pourquoi Violette est elle une championne de type Insecte ?



A Kalos, Neuvartault est la ville où l'on obtient son premier badge. Pour cela on doit affronter une championne de type Insecte. Qu'est-ce qui a motivé le choix de ce type ?

D'après ma théorie, il faudra pour le savoir remonter en 1991, 23 ans avant le Pokémon direct qui annonça Pokémon X et Y. Cette année est la date de sortie du premier livre d'une trilogie française de Bernard Werber : les Fourmis.
Dans ce livre, l'action prend place à Fontainebleau, une banlieue de Paris... dont serait inspirée Neuvartault. Voilà qui explique le choix du type Insecte.

Voilà ma théorie, elle est cependant largement rendue bancale par le fait que Violette ne possède jamais de Fermite, mais j'y croit quand même.

Posté à 14h15 le 04/01/21

Pokémon Park ! ...

Isla Nublar



Dans un hurlement de rotors, l'appareil décolla et ses pales projetèrent leur ombre sur la piste de l'aéroport d'Ekaeka. Grant perçut des grésillements dans son casque tandis que le pilote dialoguait avec la tour de contrôle.
Ils avaient pris un nouveau passager à Ekaeka, un certain Dennis Nedry, arrivé en avion. C'était un homme adipeux et débraillé qui grignotait une baie Oran. Il avait des traces bleues sur les doigts et des bouts d'écorces sur le devant de sa chemise. Nedry avait marmonné quelque chose à propos des ordinateurs de l'île et s'était assis sans serrer la main à quiconque. Son Porygon-Z s'était au contraire montré très courtois et avait tenté de saluer chacun avant que Nedry le rappelle.
A travers la vitre de plexiglas, Grant regarda la piste se dérouler sous l'appareil et l'ombre de l'hélicoptère prendre de la vitesse en faisant route vers le sud, vers la mer.
- Nous en avons pour trois quarts d'heures, annonça Hammond, assis à l'arrière.
Quinze minutes plus tard, l'hélicoptère survolait Poni. Grant observa les canyons qui se rapprochaient en se disant qu'ils devaient être remplis de fossiles, puis l'hélicoptère traversa une zone nuageuse avant de déboucher de nouveau en plein soleil. Il contempla le relief tourmenté des falaises et s'étonna de l'ampleur du déboisement tandis que l'appareil survolait les pentes dénudées.
- Poni exerce un contrôle plus strict que les autres villes d'Alola, reprit Hammond, mais la déforestation est importante. Le phénomène s'est accéléré ces dix dernières années.
Quand ils sortirent d'une autre couche de nuages, ils étaient de l'autre coté des montagnes et Grant distingua les plages de sable de la côte Pacifique. Puis l'hélicoptère survola un petit village.
- Le Village Flottant, annonça le pilote. Un village de pêcheurs. Un peu plus haut sur la côte, ajouta-t-il, vous apercevrez la réserve de Poni et ses plages magnifiques.
L'appareil changea de cap et commença à survoler l'océan. L'eau devint verte, puis d'un bleu-vert profond. Sa surface miroitait au soleil, déjà fort malgré l'heure matinale.
- Encore quelques minutes, dit Hammond, et nous allons apercevoir Isla Nublar.
Il expliqua que ce n'était pas une vraie ile, mais le sommet d'un volcan immergé et inactif, un soulèvement du fond de l'océan, tout comme Hoenn.
- Cette origine volcanique se retrouve sur toute la surface de l'ile, poursuivit-il. Il y a des projections de vapeurs en de nombreux endroits et le sol est souvent très chaud. C'est pour cela, mais aussi en raison des courants dominants, qu'Isla Nublar se trouve dans les brumes...
De l'hélicoptère rasant les flots, Grant vit apparaitre au loin une ile rocheuse, escarpée, brisant la surface de l'océan.
- Bon sang ! souffla Malcolm. On dirait Isolarmure !
Le brouillard enveloppant les versants boisés conférait à l'ile un aspect mystérieux.
- Mais en beaucoup plus grand, fit observer Hammond. Treize kilomètre de long sur cinq à l'endroit le plus large, soit une supercifie d'environ soixante kilomètre carré, qui en fait le plus grand parc Safari privé du monde.
L'hélicoptère commença à prendre de la hauteur, en direction de l'extrémité nord de l'ile. Grant écarquilla les yeux pour distinguer le relief dans l'épais brouillard.
- En général, il n'est pas aussi dense, fit Hammond avec une pointe d'inquiétude.
Au nord de l'ile, les monts plus élevés se dressaient à plus de six cent mètres au dessus de l'océan. Les crêtes étaient invisibles, mais Grant distingua des versants escarpés et le bouillonnement des vagues se fracassant contre la roche. Puis l'hélicoptère reprit de la hauteur.
- Nous sommes malheureusement obligés de nous poser sur l'ile, dit Hammond. Je n'aime pas le faire, parce que cela effraie les Pokémons et que c'est parfois assez risqué...
Il fut interrompu par la voix du pilote.
- Nous allons commencer la descente. Accrochez vous bien.
L'appareil descendit un peu et ils furent aussitôt plongés dans le brouillard. Grant entendit dans son casque un signal électrique discontinu, mais il ne distinguait absolument rien. Au bout d'un moment, il commença à discerner la cime de grands pins qui perçaient le brouillard. L'hélicoptère frôla quelques branches.
- Comment diable peut-il réussir cela ? demanda Malcolm.
Mais personne ne répondit.
Le pilote regarda d'abord sur la gauche, puis sur la droite. Les arbres étaient encore très près et l'appareil descendait rapidement.
- Arceus ! souffla Malcolm.
L'intensité du signal électronique s'accrut. Grant tourna la tête vers le pilote qui était très concentré. Le paléontologiste baissa les yeux et vit sous l'appareil, à travers le plexiglass, une gigantesque croix brillante.
Des lumières clignotaient à l'extrémité de ses branches. Le pilote corrigea légèrement le cap et l'appareil se posa sur l'aire d'atterrissage. Le bruit des rotors diminua, puis cessa.
Grant poussa un soupir et détacha sa ceinture.
- Nous sommes obligés de descendre rapidement, comme vous l'avez constaté, expliqua Hammond. C'est ç cause des courants ascendants. Ils sont souvent très forts ici, et... Quoi qu'il en soit, nous sommes sains et saufs.
Quelqu'un s'élança vers l'hélicoptère, un homme aux cheveux roux, coiffé d'une casquette de base-ball. Un Vigoroth et un Ramboum le suivaient.
- Bonjour tout le monde ! s'écria-t-il d'une voix joviale en ouvrant la porte. Je m'appelle Ed Regis et je vous souhaite la bienvenue à Isla Nublar. Faites attention en descendant.
Un sentier étroit serpentait à fleur de colline. A mesure qu'ils descendaient dans l'air froid et humide, le brouillard se dissipait et le paysage leur apparaissait plus distinctement. Grant trouva qu'il ressemblait un peu à celui d'Hoenn.
- Très juste, dit Régis. L'écosystème est celui d'une forêt pluviale à feuillage caduc, assez différente de la végétation d'Alola, où la forêt pluviale est plus classique. Mais nous avons ici un microclimat qui ne se trouve pas sur les hauteurs, sur les pentes des monts du nord. Le climat de la plus grande partie de l'ile est de type tropical.
Ils distinguaient en contrebas les toits blancs de plusieurs grands bâtiments nichés au milieu de la végétation. Grant fut surpris de voir une construction aussi soignée. Lorsque les dernières écharpes de brumes eurent disparu, l'ile lui apparut dans toute son étendue ; comme l'avait dit Régis, elle était essentiellement couverte par une forêt pluviale.
A quelque distance du petit groupe, Grant remarqua un tronc nu, quasiment dépourvu de feuilles, une haute tige incurvée s'élevant au dessus des Noadkoko. Puis le tronc se mit à bouger et se tourna pour faire face aux nouveaux arrivants. C'est alors que le paléontologue comprit qu'il ne s'agissait pas d'un arbre.
C'était le cou gracieux et interminable d'un animal gigantesque, s'élevant jusqu'à une quinzaine de mètres du sol.
Ce qu'il avait devant les yeux était un dinosaure.

Posté à 12h11 le 20/11/20

Pokémon Park ! ...

Malcolm



Peu avant minuit, il monta dans l'avion à l'aéroport de Ville Noire. C'était un homme de trente-cinq ans, grand et mince, les cheveux noirs ébouriffés, tout de noir vêtu : chemise, pantalon, chaussettes, chaussures de sport, tout était noir. Même son Pokémon, un Cornébre perché à son épaule, était noir.
- Ah, docteur Malcolm ! lança Hammond avec une jovialité forcée.
- Bonjour, John, répondit Malcolm avec un sourire. Eh oui, je craint que votre persécuteur ne soit de retour !
Il serra la main de tout le monde en se présentant rapidement.
- Ian Malcolm, comment allez vous ? Je fait des math.
Il donna l'impression à Grant d'être plus amusé qu'autre chose par cette expédition. Le paléontologiste le connaissait déjà de nom. Ian Malcolm était l'un des plus célèbres mathématiciens de la nouvelle génération pour qui il était important de savoir "comment fonctionne véritablement le monde". Ces scientifiques rompaient avec le cloisonnement traditionnel des mathématiques sur plusieurs points d'importances. D'abord, ils faisaient une utilisation systématique de l'ordinateur, une pratique qui faisait tiquer les tenants de la tradition. Ensuite, ils travaillaient presque exclusivement sur des équations non linéaires, dans la spécialité naissante baptisée "théorie du chaos". Ils semblaient également tenir à ce que les mathématiques décrivent quelque chose existant réellement. Pour finir, comme s'ils voulaient marquer la rupture avec l'univers clos de l'Université et leur entrée dans le monde, ils s'habillaient et s'exprimaient avec ce qu'un de leur confrères blanchis sous le harnois qualifiaient de "déplorable excès de personnalité". En fait, ils se conduisaient le plus souvent comme des stars du rock.
Malcolm prit place dans un fauteuil capitonné et l'hôtesse s'avança pour savoir s'il désirait boire quelque chose.
- Un Soda Cool. Et un Jus de Baies pour Cornébre.
Des bouffées d'air moites entraient par la porte ouverte.
- Ne fait-il pas un peu trop chaud pour s'habiller en noir ? demanda Ellie.
- Vous êtes vraiment ravissante, docteur Sattler, fit Malcolm, et je pourrait admirer vos jambes durant une journée entière. Mais vous vous trompez, le noir est une couleur parfaitement adaptée à la chaleur. Souvenez vous du corps noir : il absorbe toutes les radiations qu'il reçoit. Quoi qu'il en soit, je ne choisit des vêtements que de deux couleurs : le noir et le gris.
Ellie le regarda, bouche bée.
- Ces couleurs conviennent à toutes les circonstances, poursuivit le mathématicien. De plus, elles s'harmonisent et, s'ils m'arrivaient par erreur de mettre des chaussettes grises avec un pantalon noir, ce ne serait pas gênant.
- Mais ne trouvez vous pas ennuyeux de toujours porter les deux même couleurs ?
- Pas le moins du monde. Je trouve au contraire que c'est une libération. J'attache du prix à ma vie et je ne veux pas la gaspiller en pensant au vêtements. Je ne veux pas me demander le matin comment je vais m'habiller. Sincèrement, peut-on imaginer quelque chose de plus barbant que la mode ? Le sport professionnel, peut-être... Des adultes qui lancent un ballon ou tapent dans une petite balle pendant que le reste du monde paie pour aller les applaudir. Mais, tout compte fait, je trouve la mode encore plus ennuyeuse que le sport.
- Le Dr.Malcolm, crut bon de glisser Hammond, est un homme aux opinions tranchées.
- Et il travaille du chapeau, ajouta gaiement Malcolm. Mais vous devez reconnaitre que ce ne sont pas des questions triviales. Le convenu est partout dans le monde ou nous vivons... Il est convenu de se conduire de telle manière, de s'intéresser à telle chose. N'est pas stupéfiant ? Dans la société de l'information, personne ne pense. Nous avons cru éliminer le papier, mais c'est la réflexion que nous avons bannie.
- C'est vous qui l'avez invité, dit Hammond en se tournant vers Gennaro et en levant les mains en signe d'impuissance.
- Heureusement, répliqua Malcolm. Car il semble que vous ayez un grave problème.
- Nous n'avons aucun problème, riposta vivement Hammond.
- J'ai toujours affirmé que cette ile serait inexploitable, dit Malcolm. Je l'ai prédit dès le commencement. Et je suis sûr, ajouta-t-il en fouillant dans sa serviette en cuir, que tout le monde sait maintenant à quoi s'en tenir : vous allez être obligé de fermer.
- De fermer ! s'écria Hammond en bondissant de son siège, rouge de colère. C'est ridicule, oiseau de malheur !
- J'ai apporté des copies de mon premier rapport, poursuivit imperturbablement le mathématicien. Ce que vous allez lire est le rapport que j'ai rédigé pour InGen au titre de consultant. Les math sont assez compliqués, mais je pourrai vous aider à vous y retrouver. Vous nous quittez ? ajouta-t-il en voyant Hammond s'éloigner.
- J'ai des coups de téléphone à donner, siffla Hammond en se dirigeant vers la cabine contiguë.
- Le voyage sera long, reprit Malcolm à l'intention des autres. Cela vous fera un peu de lecture.

Grant savait que Ian Malcolm ne manquait pas de détracteurs et il comprenait pourquoi d'aucuns trouvaient son style trop corrosif et ses applications de la théorie du chaos parfois tirées par les cheveux. Le paléontologiste feuilleta le rapport sans s'attarder sur les équations.
- La conclusion de votre rapport est que le projet de Hammond est voué à l'échec, dit Gennaro.
- Exact.
- A cause de la théorie du chaos ?
- Encore exact. Ou plutôt, pour être plus précis, à cause du comportement du système dans l'espace des phases.
- Pouvez vous expliquer cela d'une manière compréhensible ? demanda Gennaro en posant le rapport.
- Bien sûr, répondit Malcolm. Voyons par où nous allons commencer. Savez vous ce qu'est une équation non linéaire ?
- Non.
- Bon, fit le mathématicien. Reprenons par le commencement.
Il réfléchit quelques instants, les yeux levés au plafond.
- La physique a parfaitement réussi à décrire certaines sortes de comportements : planètes en orbite, vaisseau spatial se dirigeant vers la lune, pendules, ressorts et roulement d'une balle, ce genre de chose. Le mouvement régulier d'objets. Pour les décrire, on utilise ce qu'on appelle des équations linéaires, faciles à résoudre pour des mathématiciens. Nous connaissons cela depuis plusieurs siècles.
- D'accord, dit Gennaro.
Mais il y a une autre sorte de comportement que la physique traite d'une manière beaucoup moins satisfaisante. Par exemple, tout ce qui se rapporte aux turbulences. Le jaillissement de l'eau, l'air glissant sur l'aile d'un avion, les conditions météorologiques, la circulation du sang à l'intérieur du cœur. Les turbulences sont décrites par des équations non linéaires, difficiles à résoudre... En fait, elles sont le plus souvent impossible à résoudre. Voilà donc toute une catégorie de phénomènes que la physique n'a jamais permis de bien comprendre. Jusqu'à il y a une dizaine d'années. La nouvelle théorie qui les décrit à reçu le nom de théorie du chaos. Son origine remonte aux années soixante, lorsqu'on a essayé, à l'aide d'ordinateurs, de créer des modèles des phénomènes atmosphériques. La météorologie est un système vaste et complexe, à savoir l'étude de l'atmosphère de notre planète en interaction avec la Terre et le Soleil. Le fonctionnement de ce système est si complexe qu'il a toujours défié l'entendement. Il nous était donc impossible de prévoir le temps qu'il allait faire. Mais, d'après les modèles fournis par leurs ordinateurs, les premiers chercheurs ont découverts que, même si l'on parvenait à comprendre les phénomènes atmosphériques, on ne pouvait rien prévoir. Toute prévision météorologique est absolument impossible. La raison en est que le comportement du système dépend notablement des conditions initiales.
- Je ne vous suit plus, fit Gennaro.
- Si j'utilise un canon pour lancer un obus d'un certain poids, à une certaine vitesse et à un certain angle d'inclinaison... et si je tire ensuite un deuxième obus avec à peu près le même poids, la même vitesse et le même angle, que se passera-t-il ?
- Les deux obus vont tomber à peu près au même endroit.
- Exact. C'est de la dynamique linéaire.
- D'accord.
- Mais si je prends maintenant un système atmosphérique avec une certaine température, une certaine vitesse du vent et une certaine humidité, puis un autre avec des données très voisine, le second système n'évoluera pas d'une manière voisine au premier. Son comportement s'en écartera et il deviendra rapidement très différent. Il y aura des orages à la place du soleil. C'est une dynamique non linéaire. Elle est sensible aux conditions initiales : des différences infimes ne feront que s'amplifier.
- Je crois avoir compris, murmura Gennaro.
- C'est ce que l'on appelle l'"effet Papilord". Si un papillon bat des ailes à Doublonville, le temps sera différent à Volucité.
- D'après la théorie du chaos, tout est donc le fait du hasard et impossible à prévoir ? demanda Gennaro. C'est bien cela ?
- Non, répliqua Malcolm. En réalité, nous trouvons certains phénomènes cachés qui se reproduisent régulièrement dans l'infinie variété de comportements d'un système complexe. C'est pourquoi la théorie du chaos a maintenant des applications très vastes et est utilisée pour étudier aussi bien les marchés financiers qu'une émeute ou les ondes cérébrales durant une crise d'épilepsie. Dans tout les systèmes complexes où il y a confusion et imprévisibilité, nous pouvons trouver un ordre sous-jacent. Vous me suivez ?
- Oui, répondit Gennaro. Et quel est cet ordre sous-jacent ?
- Il est essentiellement caractérisé par le mouvement du système à l'intérieur de l'espace des phases.
- Seigneur ! soupira l'avocat. Tout ce que je veux savoir, c'est pourquoi vous pensez que l'entreprise de Hammond ne réussira pas.
- Je comprends, fit Malcolm, et je vais y arriver. La théorie du chaos affirme de choses. D'abord qu'il y a un ordre sous-jacent dans les systèmes complexes tels que la météorologie ; ensuite, l'inverse, à savoir que des systèmes simples peuvent engendrer un comportement complexe. Prenons l'exemple de la boule de billard. Quand on frappe une boule de billard, elle commence à rebondir sur les bandes du billard. En théorie, c'est un système relativement simple, presque newtonien. Sachant que l'on peut déterminer la force transmise à la boule et sa masse, il est possible de calculer selon quel angle elle touchera la bande et donc de prévoir sa trajectoire. Nous sommes théoriquement en mesure de prévoir cette trajectoire pendant un laps de temps très long, tandis que la balle continue de rebondir sur les bandes. On peut prévoir où elle s'arrêtera au bout de trois heures... toujours en théorie.
- D'accord, fit Gennaro en hochant lentement la tête.
- Mais, en réalité, il apparait que l'on ne peut prévoir le mouvement de la boule pendant plus de quelques secondes. Presque aussitôt après l'impact, des détails infimes - imperfections de la surface de la boule, minuscules aspérités sur le rebord ou le tapis - modifient la trajectoire et il ne faut pas longtemps pour que les calculs les plus minutieux soient faussés. C'est ainsi que l'on découvre que le système simple d'une boule roulant sur une table de billard a un comportement imprévisible.
- D'accord.
- Le projet de Hammond, reprit le mathématicien, est en apparence un autre système simple - des Pokémon à l'intérieur d'un parc zoologique - qui finira par montrer un comportement imprévisible.
- Ce qui vous permet de dire cela, c'est...
- La théorie du chaos, acheva Malcolm.
- Mais ne pensez vous pas qu'il vaudrait mieux voir l'ile afin de savoir ce qui s'y passe réellement ?
- Non, c'est tout à fait superflu. Les détails n'ont aucune importance. La théorie m'assure que la situation de l'île va bientôt évoluer d'une manière imprévisible.
- Et vous faites confiance à votre théorie ?
- Sans restriction, répondit le Mathématicien en s'enfonçant dans son siège. Il y a un problème dans cette ile. Un accident va se produire.

Posté à 13h47 le 17/11/20

Pokémon Park ! ...

Aéroport



Lewis Dogson entra dans la cafétéria de l'aéroport de Janusia et balaya la salle du regard. L'homme qu'il cherchair était déjà là, assis au comptoir. Dogson s'installa sur le siège voisin et posa entre eux sa mallette.
- Vous êtes en retard, mon vieux, dit l'homme qui attendait. Qu'est-ce que c'est, un déguisement ? ajouta-t-il en riant, le regard fixé sur le chapeau de paille du généticien.
- On ne sait jamais, répliqua Dogson en réprimant un mouvement de colère.
Depuis six mois, il cultivait patiemment cet homme qui, à chaque rencontre, devenait d'une arrogance plus odieuse. Mais il ne pouvait rien y faire : ils savaient tous deux ce qui était en jeu.
L'A.D.N. synthétisé était, à poids égal, ce qu'il y avait de plus précieux au monde. Une unique bactérie microscopique, invisible à l’œil nu, mais contenant le gène d'une enzyme responsable de l'infarctus, la streptokinase, ou bien une autre qui protégeait les récoltes du gel, pouvait atteindre, si l'on savait à qui s'adresser, la somme de cinq milliards de Pokédollars.
Cet état de choses avait donné naissance à une nouvelle forme d'espionnage industriel dans lequel Dogdon excellait. En 1987, il avait persuadé une généticienne mécontente de quitter Macro Cosmos pour Biosyn en emportant cinq souches de bactéries. Sa consœur avait tout simplement déposée avant de sortir de son laboratoire une goutte de chaque souche sur les ongles de sa main.
Mais, pour InGen, le pari était plus difficile. Ce n'était plus de l'A.D.N. bactérien que voulait Dogson, mais des embryons congelés, et il savait qu'InGen avait pris pour protéger ses embryons des mesures de sécurité extrêmement développées. Il lui fallait trouver quelqu'un ayant un accès aux embryons, acceptant de les dérober et capable de déjouer les mesures de sécurité. Une telle personne n'était pas facile à dénicher.
Dogson avait enfin réussi quelques mois auparavant. Bien que cet homme n'eut pas accès au matériel génétique, Dogson était resté en contact avec lui. Il l'avait retrouvé une fois par mois au café d'Ogoesse, et lui avait rendu de menus services. Maintenant qu'InGen invitait des commanditaires et des consultants à visiter l'ile, le moment tant attendu était proche ; l'homme allait avoir accès aux embryons.
- Ne tournons pas autour du pot, dit l'homme. Je ne dispose que de dix minutes avant le départ de mon avion.
- Voulez vous que nous revoyions tout encore une fois ? demanda Dogson.
- Inutile, docteur. Ce que je veux voir, c'est la couleur de l'argent.
Dogson fit jouer la fermeture de la mallette et l'entrouvrit de quelques centimètres. L'homme balança la tête avec un détachement feint.
- C'est tout ?
- Il y a la moitié de la somme. Sept cent cinquante mille dollars.
- Bon, d'accord, dit l'homme en finissant son Soda Cool. C'est parfait, docteur.
- C'est pour les quinze espèces, fit Dogson en refermant prestement la mallette. Vous n'avez pas oublié ?
- Je n'ai pas oublié. Quinze espèces... Des embryons congelés. Mais comment vais-je les transporter ?
Dogson lui tendit une bouteille de Potion.
- C'est ça ?
- Oui, c'est ça.
- Et si on fouille dans mes bagages ?
- Appuyez sur le bouchon, dit Dogson.
L'homme fit ce qu'on lui demandait et un nuage de gouttes de Potion jaillit du spray.
- Pas mal, murmura-t-il en s'essuyant la main sur le bord de son assiette. Pas mal...
- La bouteille est un peu plus lourde que les autres, c'est tout.
L'équipe de techniciens de Dogson avait passé quarante-huit heures à mettre le dispositif au point, en travaillant jour et nuit. Il en expliqua rapidement le fonctionnement.
- Quelle quantité de gaz réfrigérant contient la bouteille ?
- Il y en a assez pour trente-six heures. C'est le temps dont vous disposez pour rapporter les embryons à Volucité.
- Cela dépendra du type de bateau, répliqua l'homme. Vous feriez mieux de vous assurer qu'il a une glacière à bord.
- Je m'en occuperait, acquiesça Dogson.
- Récapitulons les conditions...
- Elles n'ont pas changées ; cinquante mille dollars à la remise de chaque embryons. S'il est viable, cinquante mille de plus.
- Parfait. Assurez-vous que le bateau attendra bien vendredi soir, le long du quai est de l'ile. Pas le quai nord, où accostent les bateaux ravitailleurs. Le quai est ; c'est un petit quai de service. Vous vous en souviendrez ?
- Je m'en souviendrai. Quand serez vous de retour à San José ?
- Probablement dimanche, répondit l'homme en s'écartant du comptoir.
- Vous êtes sur que vous savez comment neutraliser... commença Dogson sans dissimuler son anxiété.
- Je le sais. Faites moi confiance.
- Encore une chose, lança le généticien. Nous croyons savoir que l'ile reste en contact radio permanent avec le siège central d'InGen, à Volucité...
- Ne vous inquiétez pas, j'ai tout prévu. La seule chose que vous ayez à faire, c'est préparer l'argent. Je veux la totalité de la somme dimanche matin, à l'aéroport de Janusia, en espèces.
- Je vous y attendrai, dit Dogson. N'ayez aucune crainte.

Posté à 16h04 le 15/11/20

Pokémon Park ! ...

Une occasion à saisir.



La BioSyn Corporation, de Janusia, n'avait encore jamais organisé une réunion en urgence de son conseil d'administration. Les dix administrateurs assis dans la salle de conférence étaient donc nerveux et d'humeur irascible. Il était 20 heures et ils discutaient entre eux depuis dix minutes, mais le silence s'installait peu à peu dans la salle. Chacun remuait des papiers ou regardait sa montre avec insistance.
- Qu'attendons nous ? demanda l'un d'entre eux.
- Il en manque encore un, répondit Lewis Nikolai Dogson. Il en faut un de plus.
Il regarda sa montre. La secrétaire de Ron Meyers avait confirmé que son patron avait pris le vol en provenance de Port Yoneuve, dont l'arrivée était prévue à 18 heures. Même en tenant compte des difficultés de la circulation, Meyers devrait être là.
- Il vous faut un quorum ? demanda un autre administrateur.
- Oui, dit Dogson, c'est exactement ça.
Tout le monde se tut. S'il fallait un quorum, cela signifiait qu'on allait leur demander de prendre une décision d'importance. Et elle était d'importance, même si Dogson eût préféré se dispenser de cette réunion. Mais Steingarten, le patron de la BioSyn, avait été intraitable.
- Cette fois, vous aurez besoin de leur accord, Lew, lui avait-il dit.
Les avis était partagés : Lewis Dogson était considéré tantôt comme le plus dynamique des généticiens, tantôt comme le plus dangereux. Agé de trente-quatre ans, le front dégarni, avec un visage émacié et un regard d'aigle, il avait été renvoyé de l'université Johns Hopkins pour avoir utilisé une thérapie génique sur des patients sans avoir obtenu les autorisations de la Food and Drug Administration. Engagé par la BioSyn, il avait dirigé à Johto l'expérience très contestée du vaccin contre le Pokérus. Il occupait maintenant le poste de chef du développement des produits, ce qui constituait en gros à prendre le projet d'un concurrent, à le décortiquer, à découvrir comment il fonctionnait et à fabriquer sa propre version. En pratique, il s'agissait de mener à bien des opérations d'espionnage industriel, essentiellement dirigées contre InGen.
C'était à cette époque que son père lui avait légué son Pokémon. Le Pokémon, gris, avec un canon sur le dos, ressemblant vaguement à un Kabutops, était si informatisé que Dogson se disait que ce ne devait être qu'un robot. Mais Genesect était puissant et le reste importait peu.
Pendant les années quatre-vingt, quelques entreprises de génie génétique commencèrent à se poser une question : "Quel est l'équivalent d'un walkman Sony dans le domaine biologique ?" Ces firmes ne s'intéressaient nullement aux produits pharmaceutiques ou à la santé, ce qu'elles visaient, c'était les activités de loisir ou sportives, les produits de beauté, les Pokémon de compagnie. La demande individuelle à l'horizon 1990 était très forte. InGen et la BioSyn attaquaient toutes deux le même créneau.
La BioSyn avait déjà un succès à son actif : la création pour le Département de la chasse et de la pêche d'Unys d'une variété de Bargantua blanche. Ce nouveau poisson, plus aisé à repérer dans les cours d'eau, était censé faciliter la vie du pêcheur à la ligne. (Il avait en tout cas l'avantage de faire taire ceux qui se plaignaient au Département de la pêche et de la chasse qu'il n'y avait plus de Bargantuas dans les cours d'eaux de la région) On oubliait simplement de préciser que la brûlure du soleil pouvait être fatale à la nouvelle variété, que sa chair était pâteuse et insipide. La BioSyn travaillait sur ces différents points et...
La porte s'ouvrit et Ron Meyers entra pour se glisser aussitôt dans un fauteuil. Le quorum était atteint ; Dogson se leva.
- Messieurs, nous sommes réunis ce soir pour décider si nous devons saisir une occasion. La cible est InGen.
Dogson fit un rapide historique. La création d'InGen en 1983, grâce à des investisseurs japonais ; l'achat de trois programmes PorygonXMP ; l'acquisition d'une ile d'Alola, Isla Nublar ; le stockage d'ambre ; les donations insolites à des zoos du monde entier, du parc des Amis de Batisques au Grand Marais de Sinnoh, en passant par le Parc Safari de Parmanie.
- Malgré tout ces indices, poursuivit le généticien, nous ignorions le véritable objectif d'InGen. A l'évidence, ils concentraient leurs activités sur des Pokémon et ils avaient engagé des chercheurs dans des disciplines orientées vers l'étude du passé, paléobiologistes, phylogénéticiens, etc. Puis, en 1987, InGen racheta la Millipore Plastics Products, une modeste société basée à Ondes-sur Mer. C'était une entreprise en matériel agricole qui venait de faire breveter une matière plastique ayant les caractéristiques d'une coquille d’œuf de Pokémon oiseau et utilisée pour le développement d'embryons de poulet. Dès l'année suivante, InGen réserva à son usage exclusif la totalité de la production de cette matière plastique.
- Tout cela est passionnant, docteur Dogson, mais...
- Simultanément, poursuivit le généticien sans tenir compte de l'interruption, les travaux commencèrent à Isla Nublar. De très importants travaux de terrassement et en particulier le creusement d'un lac de faible profondeur et de trois kilomètres de long, au centre de l'ile. Les plans d'un complexe touristiques ont étés dressés dans la plus grande discrétion, mais il semble bien qu'InGen ait entrepris dans cette ile la construction d'un immense parc zoologique privé.
- Très bien, Dogson, fit l'un des administrateurs en se penchant vers la table. Où voulez vous en venir ?
- Ce n'est pas un zoo comme les autres, répondit Dogson. Celui-ci est unique au monde. Il semble en effet qu'InGen ait réalisé quelque chose de tout à fait extraordinaire. Ils ont réussis à cloner des Pokémon appartenant à des espèces disparues.
- Quels Pokémon ?
- Des Pokémon dont l'incubation se fait dans des œufs d'oiseaux et qui ont besoin de beaucoup d'espace.
- Quels Pokémons ?
- Des dinosaures, répondit Dogson. Ils clonent des dinosaures.

Le silence consterné qui s'abbatit dans la salle était, de l'avis de Dogson, totalement injustifié. Le problème avec tous ces gens de la finance, c'est qu'ils ne se tenaient au courant de rien. Ils avaient investi de l'argent dans un domaine, mais ignoraient toutes les possibilités qui leurs étaient offertes.
En fait, l'idée du clonage de dinosaures était apparue dans les revues spécialisées dès 1982. D'une année à l'autre, la manipulation de l'A.D.N. était mieux maitrisée. Du matériel génétique avait déjà été extrait de certaines momies des Ruines des Abysses et de quelques bouts de peau de Blizzpectre, une espèce hybride de Blizzeval et Spectreval disparue en 1880. Il semblait possible, en 1985, de reconstituer l'A.D.N. de Blizzpectre et de donner naissance à un autre animal. S'il en allait ainsi, il s'agirait du premier Pokémon éteint recréé par l'homme. Si c'était possible avec ce cheval, pourquoi pas avec d'autres animaux ? Le Mammochon ? Le Luxray ? Le Ludicolo ?
Et pourquoi pas un dinosaure ?
Il allait sans dire que l'A.D.N. de dinosaure était introuvable. Mais, en broyant de grandes quantitées d'os de ces Pokémons, il serait peut-être possible d'en extraire des fragments. On considérait autrefois que la fossilisation éliminait l'A.D.N., mais les chercheurs avaient démontrés que cette théorie était erronée. En récupérant des fragments d'A.D.N. en quantité suffisante, il n'était pas interdit de penser que l'on parviendrait à cloner un animal vivant.
En 1982, les problèmes techniques semblaient insupportables, mais il n'existait pas d'obstacle théorique. C'était simplement difficile, couteux et extrêmement aléatoire. Mais c'était assurément possible, si quelqu'un décidait de s'atteler à la tâche.
C'est apparemment ce qu'InGen avait décidé de faire.
- Ils ont donc construit le plus grand parc d'attraction dans l'histoire du monde, reprit Dogson. Comme vous le savez sans doute, les zoos sont extrêmement populaires. L'an dernier, les parcs zoologiques ont accueilli plus de visiteurs qu'il n'y a eu de spectateurs dans les Pokéathlons et arènes Pokémon du monde entier. Les Kantiens et Johtiens sont particulièrement friands de zoos... Il y en a actuellement cinquante dans ces deux régions et d'autres sont en construction. Pour la visite du sien, InGen pourra pratiquer n'importe quel tarif. Deux mille Pokédollars par jour... Pourquoi pas dix mille ? Sans compter les à-cotés : la vente de livres, tee-shirt, peluches, illustrés, starters...
- Comment cela ?
- Bien sûr. Si InGen est en mesure de fabriquer des dinosaures grandeur nature, ils peuvent également fabriquer des dinosaures nains pour servir de starter à un jeune quelconque. Quel gamin n'aura pas envie d'un dinosaure miniature pour partir à l'aventure ? Un petit animal breveté rien que pour lui ? InGen en vendra par millions... Et ils les fabriqueront d'une telle manière que ces Pokémons n'accepteront que les Poffins, Potions, Bonbons et CT produits par InGen...
- Arceus ! souffla quelqu'un.
- Eh oui ! Le parc zoologique sera le pivot d'une gigantesque entreprise.
- Vous avez dit que ces dinosaures seraient brevetés ?
- Bien sûr. Les Pokémons résultants de manipulations génétiques peuvent désormais être brevetés. C'est une décision du conseil des Ligues Pokémons qui s'est prononcé en faveur de la sylphe S.A.R.L. en 1987, lors de cette affaire de Mewtwo. Ces dinosaures seront la propriété d'InGen et personne ne pourra légalement en fabriquer de semblables.
- Qu'est-ce qui nous empêche de créer nos propres dinosaures ? demanda quelqu'un.
- Rien, mais ils ont cinq ans d'avance. Il sera presque impossible de les rattraper avant la fin du siècle. Bien sûr, poursuivit Dogson après un silence, si nous parvenions à nous procurer des échantillons de leurs dinosaures, nous pourrions les analyser et fabriquer les nôtres en apportant suffisamment de modifications à l'A.D.N. pour passer outre à leur brevet.
- Pouvons nous nous procurer ces échantillons ?
- Oui, répondit Dogson, je pense que c'est possible.
- Il n'y aurait rien d'illégal ? demanda un autre administrateur après s'être éclairci la voix.
- Oh non ! fit vivement Dogson. Absolument rien d'illégal. Je pense à un employé mécontent, des déchets incomplètement détruits, quelque chose de ce genre...
- Avez vous une source sure, docteur Dogson ?
- Oui, répondit le généticien. Mais je crains qu'il ne faille prendre une décision extrêmement rapide, car InGen est actuellement en proie à de petites difficultés et ma source devra agir dans les vingt-quatre heures.
Un long silence tomba dans la salle. Les regards des administrateurs se tournèrent vers la secrétaire qui prenait des notes et le magnétophone posé devant elle.
- Je ne vois pas la nécessité d'une résolution en bonne et due forme, reprit Dogson au bout d'un moment. J'aimerais simplement avoir votre sentiment, savoir si nous devons continuer dans cette voie...
Toute les têtes s’inclinèrent lentement.
Personne ne prononça un seul mot. Pas une déclaration ne figura au procès verbal de séance. Ils hochèrent simplement la tête en silence.
- Messieurs, je vous remercie d'être venus, conclut Dogson. C'est maintenant à moi d'agir.

Posté à 19h03 le 07/11/20

Pokémon Park ! ...

Parsemille



La plaine aride s'enfuyait en direction de lointaines buttes sombres. Le vent faisait voler de la poussière sur la piste de béton craquelé. Debout près de la jeep, leurs Pokémon à leurs cotés, Grant et Ellie attendaient que le jet Grumman ait terminé ses manœuvres d'approches avant l’atterrissage.
- Je déteste être à la disposition de ces richards, grommela Grant.
- Cela fait partie du boulot, répondit Ellie.
Un certain nombre de disciplines scientifiques, telles que la physique et la chimie, étaient subventionnés par l’État, mais la paléontologie dépendait encore fortement des fonds privés. Indépendamment de sa propre curiosité pour l'ile d'Alola, Grant savait que, si John Hammond faisait appel à ses services, il ne pourrait pas les lui refuser. C'est ainsi que, de toute éternité, le mécénat avait fonctionné.
Le petit appareil se posa en douceur et roula sur la piste dans leur direction. Ellie fit passer son sac de voyage sur son épaule. Le jet s'immobilisa et une hôtesse en uniforme bleu ouvrit la porte de la carlingue.
Grant fut étonné par l’exigüité de l'intérieur de l'appareil, malgré les aménagements luxueux. Il lui fallut courber la tête pour aller saluer Hammond.
- Docteur Grant, docteur Sattler c'est vraiment très gentil d'avoir accepté de vous joindre à nous. Permettez-moi de vous présenter mon associé, Donald Gennaro.
Gennaro était un homme trapu et vigoureux, d'environ trente-cinq ans, portant un complet Armani et des lunettes à monture métallique. Grant éprouva pour lui une aversion instinctive et lui donna une poignée de main rapide. Puis Ellie, Mimantis à ses talons, s'avança à son tour pour lui serrer la main.
- Mais vous êtes une femme ! s'exclama Gennaro.
- Ce sont des choses qui arrivent, répliqua Ellie.
Elle ne l'aime pas non plus, songea Grant en rappelant son Minotaupe.
- Vous savez, bien entendu, mon cher Donald, ce que font les docteurs Grant et Sattler. Ce sont des paléontologistes ; ils exhument des dinosaures.
Sur ce, Hammond éclata de rire, comme s'il trouvait l'idée très drôle.
- Veuillez vous asseoir, s'il vous plait, demanda l'hôtesse en refermant la porte.
Aussitôt, l'appareil se mit en mouvement.
- Vous m'excuserez, reprit Hammond, mais nous sommes assez pressés. Donald pense qu'il est important d'arriver là-bas aussi vite que possible.
Le pilote annonça que la durée de vol était de quatre heures jusqu'à Ville Noire, où ils se ravitailleraient en carburant et prendrait le mathématicien, Malcolm, avant de repartir pour Alola où l'arrivée était prévu pour le lendemain matin
- Combien de temps y resterons nous ? demanda Grant.
- Eh bien, répondit Gennaro, cela dépend. Nous avons un certain nombre de choses à éclaircir.
- Vous avez ma parole, glissa Hammond en se tournant vers Grant, que nous n'y resterons pas plus de quarante-huit heures.
- Je n'avais jamais entendu parler de cette ile, dit Grant en bouclant sa ceinture. Renferme-t-elle des secrets ?
- D'une certaine manière, répondit Hammond. Nous avons pris toute les précautions pour que personne ne sache quoi que ce soit, en attendant le jour où nous ouvriront l'ile à un public étonné et émerveillé.

Posté à 15h40 le 07/11/20

Pokémon Park ! ...

Hammond



La secrétaire de Gennaro entra en coup de vent, portant une valise neuve dont elle n'avait même pas enlevé les étiquettes.
- Vous savez, monsieur, lança-t-elle d'un air sévère, quand vous oubliez vos bagages, j'ai l'impression que vous n'avez pas vraiment envie de partir.
- Vous avez peut-être raison, fit Gennaro. Je vais rater l'anniversaire de ma fille.
L'anniversaire de Samantha était le lendemain et Elizabeth avait invité une vingtaine de petits brailleurs de quatre ans ainsi que Pierry le clown et un magicien. Sa femme n'avait pas été contente d'apprendre qu'il serait absent durant le week-end et Samantha encore moins.
- Compte tenu du peu de temps dont je disposais, poursuivit la secrétaire, j'ai fait ce que j'ai pu. Il y a des chaussures de sport à votre pointure, un short, des chemises kaki et un nécessaire de rasage. La voiture vous attends pour vous conduire à l'aéroport et, si vous ne voulez pas rater votre avion, je vous conseille de partir tout de suite.
Elle sortit et Gennaro s'engagea dans le couloir en arrachant les étiquettes attachées à la poignée de la valise, suivi par Sovkipou. Quand il passa devant la salle de conférence aux parois de verre, Dan Ross quitta la table et le rejoignit dans le couloir.
- Bon voyage, Donald, dit Ross. Mais il faut que les choses soient bien claires... Je ne sais pas exactement quelle est la situation, mais s'il y a un problème dans cette ile, n'hésitez pas à tout foutre en l'air.
- Mais enfin, Dan... C'est un énorme investissement !
- N'hésitez pas, ne vous posez pas de questions. Faites ce que je vous dit ! C'est compris ?
- Compris, fit Gennaro en acquiescant de la tête. Mais Hammond...
- Qu'il aille se faire voir !

- Mon garçon, mon garçon, murmura la voix âpre et familière. Comment allez vous donc, mon cher Donald ?
- Très bien, monsieur, répondit Gennaro en s'enfonçant dans la siége de cuir capitonné du Gulfstream II qui avait mis le cap à l'est et volait en direction du Mont Foré et de Parsemille.
- Vous ne m'appelez plus jamais, poursuivit Hammond d'un ton de reproche. Vous me manquez, Donald... Et comment va votre ravissante épouse ?
- Elizabeth va très bien, je vous remercie. Nous avons une petite fille.
- C'est merveilleux ! Quelle joie d'avoir des enfants ! Je suis sûr qu'elle serait enchantée de visiter notre nouveau parc, à Alola.
Gennaro avait oublié qu'Hammond était tout petit. Assis dans le siège voisin du jet, ses pieds ne touchaient même pas le sol et il balançait les jambes en parlant. Il y avait quelque chose d'enfantin chez ce vieillard qui devait maintenant avoir soixante-quinze ans... peut-être soixante-seize. Il paraissait plus vieux que Gennaro n'en avait gardé le souvenir, mais il ne s'étaient pas revu depuis plus de cinq ans.
Ce que Gennaro n'avait pas oublié, c'était le Pokémon du vieil homme, un Absol. Gennaro n'avait aucune idée de comment Hammond avait capturé le Pokémon Désastre, et il soupçonnait même qu'Hammond l'avait acheté au marché noir. Le Pokémon n'obéissait qu'à soi-même, sortait dans sa Pokéball quand il le voulait (mais jamais sous l'appel de son maitre) - et Gennaro avait la ferme impression que quand l'Absol sortait, c'était uniquement pour annonçer le malheur et l'infortune.
Absol était couché au pied d'Hammond. Il fixait Gennaro des yeux, il le transperçait. Gennaro commençait à se sentir mal à l'aise, comme s'il disparaissait. Le regard de ce Pokémon lui faisait toujours cet effet. Comme si Absol regardait à travers lui, et autre chose que lui. Cela donnait toujours la frousse à l'avocat, mais Hammond ne semblait bizarrement ne pas s'en rendre compte.
John Hammond était un personnage débordant d'énergie, qui avait le sens de la mise en scène. Quand Gennaro l'avait connu, en 1983, il avait un Pachyradjah qu'il emportait avec lui dans une petite cage. Le Pokémon Pachycuivre, qui ne mesurait que 22 centimètres de haut et trente de long, était parfaitement proportionné, sauf ses défenses, qui étaient rabougries. Hammond l'emmenait dans toutes les réunions organisées pour récolter des fonds, et c'était en général Gennaro qui apportait dans la salle la cage recouverte d'un tissu léger comme un couvre-théière. Hammond faisait son discours habituel sur les perspectives de développement de ce qu'il appelait "le marché de la biologie" puis, d'un geste théâtral, il enlevait le tissu et l'éléphant apparaissait.
L'éléphant avait toujours un succès monstre. Son corps minuscule, à peine plus gros que celui d'un Chaglam, était la promesse de miracles inouïs à venir du laboratoire de Norman Keteleeria, le généticien de Volucité associé à Hammond dans son ambitieuse entreprise.
Hammond parlait fort bien de l'éléphant, mais il passait un certain nombre de choses sous silence. Pour commencer, il voulait lancer une firme de biotechnologie, mais le Pokémon n'était pas le résultat de travaux génétiques ; Keteleeria s'était contenté de prendre un embryon de Pachyradjah nain et l'avait placé dans une matrice artificielle en apportant des modifications hormonales. C'était déjà un exploit, mais Hammond laissait entendre qu'il y avait encore beaucoup plus fort.
Malgré tout ses efforts, Keteleeria n'avait pas réussi à produire un autre spécimen de son Pachyradjah miniature, or tout ceux qui le voyaient en réclamaient un. De plus, le Pokémon s'enrhumait facilement, surtout en hiver, et les éternuements sortant de la petite trompe remplissaient Hammond d'appréhension. Parfois, Radjah (comme le nommait Hammond) coinçait ses défenses entre les barreaux de la cage et essayait en vain de se dégager avec de petits barrissements irrités ; parfois encore, une infection se déclarait à la racine des défenses. Hammond redoutait que le Pokémon ne meure avant que Keteleeria lui fournisse un remplaçant.
Ce que le vieillard prenait soin de cacher aux investisseurs éventuels, c'était que le processus de miniaturisation avait profondément altéré le comportement de Radjah. Le petit Pokémon ressemblait certes à un éléphant, mais il avait des réactions très vives de Ratentif vicieux et méchant, et Hammond devait dissuader les gens de le caresser pour qu'ils ne se fassent pas mordre les doigts.
Même si John Hammond avançait avec assurance des revenus pour l'année 1983 d'un montant de sept milliard de dollars, son projet était extrêmement hasardeux. Il avait les idées et l'enthousiasme, mais il ne pouvait y avoir aucune certitude que son plan réussirait. D'autant plus que Norman Keteleeria, le cerveau de l'affaire, était atteint d'un cancer dans sa phase terminale... Encore un point qu'Hammond oubliait de mentionner.
Quoi qu'il en soit, avec l'aide de Gennaro, il réussit à trouver l'argent dont il avait besoin. Entre septembre 1983 et novembre 1985, John Alfred Hammond trouva huit cent soixante-dix millions de dollars pour financer sa future compagnie, International Genetics Technologies Inc. Il aurait pu en avoir plus, mais il tenait à garder le secret absolu sur son entreprise et ne proposait aux investisseurs aucune rémunération pendant au moins cinq ans. Cette condition en découragea plus d'un et, en fin de compte, il lui fallut accepter une majorité de capitaux Kantiens. Les Kantiens et Johtiens étaient les seuls investisseurs à qui la patience ne faisait pas défaut.
Confortablement installé dans le siège du jet, Sovkipou rangé dans sa Ball, Gennaro songeait que le vieil homme était décidément très retors. Hammond faisait comme si cette inspection ne lui avait pas été imposée par le cabinet d'avocats et se conduisait comme s'il s'agissait d'un simple voyage d'agrément.
- Dommage que vous n'ayez pu emmener votre famille, Donald !
- C'est l'anniversaire de ma fille, répondit Gennaro avec un haussement d'épaules. Une vingtaine de gamin avaient déjà été invités, sans parler du gâteau et du clown. Vous savez ce que c'est...
- Je comprends, dit Hammond. Ce sont des choses importantes pour les enfants.
- Le parc est-il près à accueillir des visiteurs ? demanda Gennaro.
- Pas officiellement, répondit Hammond. Mais l'hôtel est terminé et il est donc possible d'y dormir...
- Et les Pokémon ?
- Bien sur ! Les Pokémon y sont tous. Dans les zones qui leur sont réservés.
- Si ma mémoire est bonne, poursuivit Gennaro, vous espériez, dans le projet originel, atteindre un total de douze...
- Oh ! Nous avons fait beaucoup mieux ! Nous en sommes à un total de deux cent trente-huit, Donald.
- Deux cent trente-huit ?
Le vieillard émit un gloussement de plaisir en voyant la tête de l'avocat.
- Vous ne pouvez pas imaginer... Nous en avons des troupeaux entiers !
- Deux cent trente-huit... Et combien d'espèce ?
- Quinze espèce différentes, Donald.
- C'est incroyable ! s'exclama Gennaro. C'est fantastique ! Et tout le reste, tout ce dont vous aviez besoin ? Les installations, les ordinateurs ?
- Nous avons tout, répondit Hammond. Et tout ce que nous avons fait venir sur cette ile est du matériel de pointe. Vous le verrez vous-même, c'est absolument merveilleux. Voilà pourquoi vos... inquiétudes... sont sans fondement. Il n'y a absolument aucun problème.
- Dans ce cas, poursuivit Gennaro, une inspection ne devrait pas non plus poser de problèmes.
- Aucun, rétorqua Hammond. Mais cela fait perdre du temps. Tout doit s'arrêter durant la visite officielle...
- De toute façon, vous êtes déjà en retard. Vous avez différé l'ouverture.
- Oh ! fit Hammond en tirant sur la pochette de soie rouge qui ornait son blazer. C'était inévitable... Absolument inévitable.
- Pourquoi ? demanda Gennaro.
- Pour expliquer cela, Donald, il faut remonter au tout début. A l'idée de départ, celle du parc d'attraction le plus sophistiqué du monde, doté des derniers perfectionnements électroniques et utilisant les découvertes les plus récentes de la biotechnologie. Je ne parle pas des circuits ; il y en a partout, même au PokéParc. Et maintenant, tout le monde recrée des environnement avec animation électronique... La tour hantée de Lavanville, le Paradis Aether à Alola, le Château Enfoui du Désert Délassant, la ligue Pokémon de Sinnoh... Tout ces endroits ont étés recréés électroniquement dans divers parc d'attractions du monde, avec des animatroniques représentants les personnages, que ce soit des fantômes, des soigneurs, des fouilleurs ou les membres de la ligue. On trouve cela partout ! Nous avons donc entrepris de créer des attractions biologiques, des attractions vivantes. Si stupéfiantes qu'elles enflammeront l'imagination du monde entier.
Gennaro ne put s'empêcher de sourire. C'était, presque mot pour mot, le discours qu'il tenait aux investisseurs cinq ans auparavant.
- Et nous ne pouvons oublier notre objectif essentiel, poursuivit Hammond en regardant par le hublot. Gagner de l'argent... Gagner énormément d'argent.
- Je n'ai pas oublié, fit Gennaro.
- Le secret pour gagner de l'argent dans un parc d'attraction, ajouta Hammond, c'est de réduire les frais de personnel, d'ouvrir un parc qui fonctionne avec un minimum de personnel. C'est pourquoi nous avons investi de si grosses sommes dans l'équipement informatique. Nous avons automatisés tout ce que nous pouvions.
- Je me souviens...
- Mais il faut savoir, poursuivit Hammond sans lui laisser le temps de parler, qu'avec tout les animaux et un équipement informatique aussi sophistiqué on rencontre nécessairement des obstacles. Qui a jamais mené à bien la réalisation d'un programme informatique d'envergure sans problème de retard ? A ma connaissance, personne.
- Vous considérez donc qu'il s'agit d'un retard normal de mise en service ?
- C'est bien cela, dit Hammond. Un retard normal.
- A ce qu'il parait, il y a eu des accidents durant les travaux. Des ouvriers seraient morts.
- En effet, il y a eu plusieurs accidents et un total de trois morts. Deux ouvriers ont péris pendant la construction de la route de la corniche et un autre a perdu la vie en janvier, écrasé par un excavateur. Mais il n'y a pas eu d'accidents depuis plusieurs mois. Donald, poursuivit-il en posant la main sur le bras de l'avocat, il faut me croire quand je vous dit que tout avance comme prévu. Tout va bien dans notre ile.
L'interphone bourdonna.
- Veuillez attacher vos ceintures, annonça la voix du pilote. Nous allons atterrir à Parsemille.

Posté à 12h09 le 07/11/20

Pokémon Park ! ...

Plans



- Ça vient d'arriver, annonça Ellie le lendemain matin en se dirigeant vers le fond de la caravane, une grosse enveloppe de papier bulle à la main. Un des étudiants l'a rapportée du village. C'est de la part d'Hammond.
En décachetant l'enveloppe, Grant reconnut le logo bleu et blanc d'InGen. Il n'y avait pas de lettre à en-tête, juste une liasse de feuillets attachés ensemble qu'il sortit de l'enveloppe. C'étaient des plans, de format réduit, assemblés en cahier. La couverture portait en titre : Parc Isla Nublar/Installations (Compléments : Pavillon Safari)
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il en ouvrant le cahier.
Une feuille volante tomba.

Chers Alan et Ellie,

Comme vous pouvez l'imaginer, nous ne disposons pas encore d'un abondant matériel publicitaire, mais les documents ci-joints vous donneront une idée de notre projet de l'ile des brumes. J'espère que vous partagerez mon enthousiasme !

Amicalement, John Hammond.

- Je ne comprend pas, dit Grant en feuilletant le cahier. Ce sont des plans.
Il regarda la première feuille.

Centre des
visiteurs/Pavillon Parc de l'île des brumes

__________________________________________________________________________________________________________________
Client : InGen Inc., Volucité, Unys.
Architectes : Dunning, Murphy & associés, Volucité. Conception : Richard Murphy ; plans : Théodore Chen Administration ; Sheldon James.
Ingénierie : Construction : Harlow, Whitney & Fields, Janusia. Mécanique : A.T. Mishikawa, Mérouville.
Aménagement
Paysagers :
Shepperton Rogers, Winscor ; A. Ashikiga, H. Ieyasu, Kanasawa.
Electricité : N.V. Kobayashi, Céladopole. Consultant : A.R. Makasawa
Equipement
Informatique :
Integrated Computer Systems Inc., Motorby, Mass. Direction du programme : Dennis Nedry.
__________________________________________________________________________________________________________________

Grant commença à étudier les plans. Ils portaient les mentions : Secrets industriels/Reproduction interdite et Documents Confidentiels/Ne pas diffuser. En haut de chaque feuille numérotée figurait la même inscription : Ces plans représentent les réalisations confidentielles d'InGen Inc. Ne sont communiqués qu'après signature du document 112/4A, sous peine de poursuites.
- Complétements paranos, marmonna Grant.
- Il doit y avoir une raison, dit Ellie.
La feuille suivante était une carte topographique représentant Isla Nublar. En forme de larme renversée, renflée au nord et effilée au sud, l'ile était divisée en plusieurs grands secteurs.
Le secteur septentrional était baptisé : Zone Visiteurs, et contenait un certain nombre de bâtiments nommés : "Accueil visiteurs", "Centre des visiteurs/Administration", "Électricité/Dessalement", "Résid. Hammond" et "Pavillon Safari". Grant distingua le contour d'une piscine, les rectangles de quelques terrains de Matchs Pokémon et des gribouillis arrondis représentant sans doute des plate-bandes et des massifs d'arbustes.
- Cela ressemble vraiment à un parc de loisir, glissa Ellie.
Il y avait ensuite plusieurs plans détaillés du Pavillon Safari. Les croquis en élévation montraient un long bâtiment bas aux dimensions imposantes et au toit surmonté d'une série de formes pyramidales. Mais il n'y avait pas grand-chose sur les autres bâtiments du Secteur Visiteurs.
Le reste de l'ile était encore plus mystérieux. Autant que Grant put en juger, il y avait peu de constructions ; un réseau de routes, des tunnels, des bâtiments isolés et un lac étroit et allongé, apparemment artificiel, avec des digues de béton. Chacune de ces zones était désignée par un code :

/P/TRIT/V/2A, /D/GALE/L/5(4A+1), /LN/IGUO/C/4(3A+1), /VV/MUPL/X/11(6A+3+3DB).

- Y a-t-il une explication pour tout ces codes ? demanda Ellie.
Grant feuilleta le cahier, en vain.
- Peut-être l'ont ils fait disparaitre, suggéra-t-elle.
- Vraiment paranos, grommela Grant.
Il étudia les grandes zones de l'ile, délimitées par un réseau de routes. Il n'y avait que six divisions, séparées des routes par des fossés de béton le long desquels s'élevait une clôture portant une pancarte figurant un éclair. Ils s’interrogèrent pendant quelque temps et finirent par comprendre que les clôtures devaient être électrifiées.
- C'est curieux, remarqua Ellie. Des clôtures électrifiées dans un parc de loisir ?
- Elle s'étendent sur des kilomètres, fit Grant. Clôtures électrifiées et fossés côte à côte. Et le plus souvent en bordure de la route.
- Comme dans un zoo, lança Ellie.
Ils revinrent à la carte topographique et étudièrent soigneusement les courbes de niveau. Les routes étaient bizarrement disposées. La voie principale, tracée du nord au sud, traversait les collines centrales de l'ile et une section semblait même courir au flanc d'une colline surplombée d'eau. Ils commençaient à soupçonner qu'il y avait eu une volonté délibérée de faire de ces vastes espaces de gigantesques enclos séparés des routes par des fossés et des clôtures électrifiées. Et les routes étaient surélevées, de sorte que l'on pouvait voir par-dessus les clôtures...
- As-tu remarqué, fit Ellie, que certaines dimensions sont véritablement imposantes ? Regarde ce fossé de béton : il fait près de dix mètres de large. On dirait un ouvrage défensif.
- Les bâtiments aussi, fit Grant.
Il avait remarqué que chaque zone renfermait quelques constructions, situées en général à l'écart de la route, des bâtiments en béton aux murs épais. Vus de profil, on aurait dit des sortes de bunkers percés d'ouvertures étroites, semblables au blockhaus construits par les Sinniens.
A ce moment là, ils entendirent une détonation assourdie.
- Il faut se remettre au travail, déclara Grant en reposant les plans.

- Gamblast, Go ! Vibraqua !
Une fois le bruit de l'explosion passé, il y eut une légère vibration, puis des lignes apparurent sur l'écran de l'ordinateur. Cette fois, la netteté était parfaite et Alan Grant distingua le squelette au contours bien marqués, le long cou ployé en arrière. C'était indiscutablement un bébé Arcko et il avait l'air en parfait...
L'écran s'éteignit brusquement.
- Je déteste ces foutus ordinateurs, grommela Grant en plissant les yeux pour se protéger du soleil. Que se passe-t-il encore ?
- Un problème d'alimentation, expliqua un des étudiants. Il y en a pour une minute.
Le jeune homme s'agenouilla pour étudier l'enchevêtrement de fils branchés sur l'arrière de l'ordinateur portable qu'ils avaient installés sur une caisse de bière, au sommet de la Colline Quatre, tout près du Gamblast.
Grant s’assit et regarda sa montre.
- Nous allons être obligé de faire cela à l'ancienne mode, annonça-t-il à Ellie.
- Allons, Alan, lança un autre étudiant.
- Écoute, répliqua Grant, j'ai un avion à prendre et je tiens à ce que le fossile soit protégé avant mon départ.
Quand on avait commencé à exhumer un fossile, il fallait continuer, sinon on risquait de le perdre. Les visiteurs s'imaginaient que le paysage des bad lands était immuable, mais en réalité une incessante érosion se poursuivait, littéralement sous leur yeux. Toute la journée, on entendait le bruit des cailloux dévalant les collines qui s'éboulaient. Et il y avait toujours le risque qu'un fragile fossile soit emporté par une pluie torrentielle, même de courte durée. Le squelette partiellement exhumé de Grant était donc en péril et il convenait de le protéger jusqu'à son retour.
La protection des fossiles consistaient ordinairement à recouvrir le site d'une toile goudronnée et à creuser une tranchée autour pour l'écoulement des eaux. La question était de savoir quelles dimensions devait avoir la tranchée pour le fossile d'Arcko. Pour les calculer, ils utilisaient un tomographe à ondes sonores, assisté par ordinateur, appelé C.A.S.T., un procédé très récent. Le Gamblast d'un étudiant produisait un Vibraqua à retardement, qui restait sous la forme d'une sphère d'eau quelques instants avant d'éclater, ce qui produisait des ondes de choc qui étaient interprétés par l'ordinateur et reconstituées pour former une sorte de radiographie de la colline. Ils avaient utilisé ce procédé tout l'été, avec des résultats variables.
L'engin se trouvait à cinq ou six mètres, une grosse boite argentée, surmontée d'un parasol, offrant le spectacle insolite d'une voiture de marchand de glace égarée dans les bad lands. Deux jeunes gens était en train de sortir leurs Flingouste, ajoutant leurs efforts à ceux du Gamblast.
Jusqu'à présent, le programme C.A.S.T. n'avait servi qu'à évaluer la surface des gisements et avait aidé l'équipe de Grant à travailler plus efficacement. Mais les étudiants affirmaient que dans quelques temps, ils seraient capables d'obtenir une image parfaite des ossements, si détaillée que les excavations deviendraient inutiles. C'était la promesse d'un âge d'or pour l'archéologie, qui pourrait se passer des fouilles.
Mais on n'en était pas encore là et le matériel fonctionnant impeccablement dans le laboratoire de l'université se révélait extrêmement peu fiable sur le terrain.
- Combien de temps faut-il encore ? demanda Grant.
- Nous avons l'image, Alan. Ce n'est pas mauvais du tout.
Grant alla regarder l'écran. Il vit le squelette complet, aux traits d'un jaune vif. La caractéristique la plus remarquable des Jungkos, une griffe recourbée en faux qui, chez l'adulte, constituaient une arme de quinze centimètres de long lui permettant d'éventrer sa proie, n'était, chez ce jeune Arcko, pas plus grosse qu'une épine de Rozbouton et à peine visible sur l'écran. De plus, le Jungko était un dinosaure à la charpente frêle, un Pokémon aux os aussi fins que ceux d'un oiseau et à l'intelligence vraisemblablement aussi développée. C'était aussi la première espèce de Pokémon fossile chez qui on a décelé des traces de plumes, qui recouvraient la queue entière chez les Pokémon Forêt.
Le squelette semblait être parfaitement disposé, sauf la tête et le cou qui étaient renversés vers l'arrière train. Cette flexion du cou était si fréquente chez les fossiles que certains chercheurs avaient formulés une théorie pour l'expliquer. Ils avançaient que les dinosaures avaient disparus de la surface de la terre parce qu'ils avaient été empoisonnés par les alcaloïdes des nouveaux Pokémon plantes comme les Chétiflor, une espèce qui subsiste encore de nos jours. Pour eux, le cou rejeté en arrière était le signe de l'agonie. Grant avait réfuté cette théorie en démontrant que, chez de nombreux Pokémon oiseaux ou reptiles, il se produisait après la mort une contraction des ligaments postérieurs du cou provoquant une inclinaison caractéristique de la tête en arrière. Cela n'avait rien à voir avec la cause de la mort ; il s'agissait simplement de la manière dont le cadavre séchait au soleil.
Grant remarqua aussi que le squelette qu'il voyait sur l'écran avait aussi une déformation latérale, de sorte que la jambe et le pied droits étaient plus hauts que la colonne vertébrale.
- Il a l'air tordu, fit l'un des étudiants. Mais je ne pense pas que cela vienne de l'ordinateur.
- Non, répondit Grant. C'est juste l'oeuvre du temps. D'un temps immensément long.
Grant savait qu'il était difficile au profane de se faire une idée des temps géologiques. La vie humaine est à une échelle totalement différente. La chair d'une baie brunit en quelques minutes ; l'argenterie noircit en quelques jours ; un tas de compost pourrit en une saison : un enfant grandit en une décennie. Aucun de ces phénomènes de la vie de tout les jours ne prépare les gens à imaginer ce que représentent quatre-vingt millions d'années, le laps de temps écoulé depuis que ce petit Pokémon était mort.
Pour ses cours, Grant avait essayé différente comparaisons. Si l'on imaginait les soixante ans de la durée d'une vie humaine condensés en un jour, quatre-vingt-millions d'années en représenteraient encore trois mille six cent cinquante deux, bien plus que l'âge du Temple Couronne. Cela faisait vraiment très longtemps que le bébé Arcko était mort.
- Il n'a pas l'air très effrayant, fit remarquer l'un des étudiants.
- Il le serait devenu en atteignant l'âge adulte, rétorqua Grant.
Le bébé s'était probablement nourri des carcasses de Pokémon tués par les adultes quand, le ventre plein, ils se doraient au soleil. Les carnivores pouvaient ingurgiter en un seul repas le quart de leur poids, ce qui provoquait une somnolence bien naturelle. Les bébés devaient pendant ce temps escalader avec force pépiements les corps engourdis des adultes indulgents et arracher des lambeaux de chair à la carcasse de la proie. Ces petits devaient être des Pokémons très mignons.
Il n'en allait pas de même d'un Jungko adulte. A poids égal, ce dinosaure était le plus vorace de tout ceux qui eussent jamais existé. Bien que relativement petit, de la taille d'un Léopardus, et ne pesant que quatre-vingt-dix kilos, le Jungko était rapide, intelligent et méchant, bien armé avec ses dents acérées, ses bras puissants aux ongles crochus et la terrible griffe de son pied.
Les Jungko chassaient en groupe et Grant songeait que ce devait être un sacré spectacle que de voir une douzaine de ces Pokémon fondre sur leur proie et bondir sur le dos d'un dinosaure beaucoup plus gros qu'eux, lui mordre le cou, lui lacérer les côtes et le ventre...
- Nous n'avons plus beaucoup de temps, dit Ellie, interrompant sa rêverie.
Grant donna ses instructions pour le creusement du fossé. D'après l'image obtenue sur l'écran, le squelette se trouvait dans une zone bien délimitée et il suffisait de creuser un fossé autour d'un carré de deux mètres de coté. Pendant ce temps, Ellie commençait à fixer la toile goudronnée. Grant l'aida à enfoncer les derniers pieux.
- Comment ce bébé est-il mort ? demanda un étudiant.
- Je doute que nous puissions le découvrir, répondit Grant. La mortalité infantile est très forte chez les animaux sauvages. Dans les parcs d'Hoenn, elle s'élève à soixante-dix pour cent chez certains carnivores. La mort peut avoir été provoqué par une maladie, la séparation du groupe, n'importe quoi... Il peut même avoir été attaqué par un adulte. Nous savons que ces animaux chassaient en groupe, mais nous ignorons tout de leur comportement social.
Les jeunes gens hochérent la tête. Ils avaient tous étudiés le comportement des animaux et savaient par exemple que, lorsqu'un nouveau mâle remplace l'ancien chef à la tête d'une meute de Némélios, il commence par tuer tout les Hélionceaux. La raison est en apparence d'ordre génétique : le mâle tenant à engendrer sa propre descendance, une fois les Hélionceaux disparus, toutes les femelles sont rapidement en chaleur et fécondées par ses soins. Cela évite également au lionnes de perdre leur temps avec la progéniture d'un autre mâle.
Peut-être les hordes de vélociraptor étaient-elles également conduites par un mâle dominant. Nous en savons si peu sur les dinosaures, songea Grant. Après cent cinquante ans de recherches et de fouilles sur toutes les régions, nous ne savons presque rien de leur vie.
- Si nous voulons être à Parsemille à cinq heures, dit Ellie, il faut partir maintenant.

Posté à 16h34 le 22/10/20

Pokémon Park ! ...

Cowan, Swain et Ross



Le soleil de midi pénétrait dans le bureau du cabinet Cowan, Swain et Ross, donnant à la pièce une gaieté que Donald Gennaro était loin d'éprouver. La Pokémontre collée à l'oreille, il regardait son patron, Daniel Ross, une figure de croque-mort dans un complet sombre à petites rayures qui le faisait ressembler à un Noctunoir. Le Sovkipou de Gennaro était tout aussi mal à l'aise.
- Je comprend, John, dit Gennaro. Et Grant a accepté de venir ? Très bien... Oui, cela me convient parfaitement. Mes félicitations, John.
Il raccrocha et se tourna vers Ross.
- Nous ne pouvons plus faire confiance à Hammond, déclara-t-il. La pression est trop forte pour lui. L'Agence pour la Protection de l'Environnement a ouvert une enquête sur ses activités, les travaux ont pris du retard à Alola et les investisseurs commencent à s'impatienter. Trop de rumeurs ont courus, trop d'ouvriers sont morts... Et maintenant cette histoire d'un Trifox, Trihox... D'un de ces Pokémon vivants découvert à Poni.
- De quoi s'agit-il ? demanda Ross.
- Ce n'est peut-être rien, dit Gennaro. Mr.Rochard est l'un de nos principaux investisseur et j'ai reçu la semaine dernière un rapport de leur représentant à Volucité. Il semblerait que des lézards d'une espèce inconnue mordent des enfants sur la cote pacifique.
- Des lézards d'une espèce inconnue ? s'étonna Ross en écarquillant les yeux.
- Oui, répondit Gennaro. Nous ne devons pas prendre cela à la légère. Il faut faire une inspection de cette île sans perdre de temps. J'ai demandé à Hammond de prendre des dispositions pour organiser une inspection hebdomadaire des différents chantiers pendant les trois semaines à venir.
- Qu'a-t-il répondu ?
- Il affirme qu'il n'y a aucun problème dans l'ile et que toutes les mesures de sécurité nécessaire ont étés prises.
- Mais vous ne le croyez pas ?
- Non, je ne le crois pas.
Gennaro avait rejoint le cabinet Cowan, Swain et Ross après avoir commencé sa carrière dans une banque d'affaires. Les clients du cabinet, des sociétés de technologies avancées, avaient fréquemment besoin de capitaux que Gennaro les aider à trouver. L'une des premières tâches qu'on lui avait confié, en 1982, avait consisté à assister le vieux John Hammond, presque septuagénaire, qui cherchait à se procurer les capitaux nécessaires à la création d'InGen. Ils réussirent à rassembler près d'un milliard de dollars, mais Gennaro se rappelait encore des difficultés qu'ils leur avait fallu surmonter.
- Hammond est un rêveur, lança-t-il.
- Un rêveur potentiellement dangereux, renchérit Ross. Jamais nous n'aurions dû nous laisser entrainer dans cette affaire. Quelle est notre position ?
- Le cabiner possède cinq pour cent des parts.
- C'est une S.A.R.L. ?
- Non.
- Jamais nous n'aurions dû faire cela, répéta Ross en secouant la tête.
- A l'époque, cela semblait être une bonne idée. Cela remonte à huit ans, vous savez. Nous avons accepté ces parts en échange d'une partie de nos honoraires et, comme vous ne l'avez probablement pas oublié, le projet de Hammond pouvait rapporter gros. Personne ne croyait vraiment qu'il y arriverait.
- Et pourtant, il semble bien avoir réussi, fit Ross. Quoi qu'il en soit, il est temps d'aller inspecter les lieux. A qui allez vous demander de vous accompagner ?
- Je vais commencer par des spécialistes que Hammond avait engagés comme consultants au début du projet, répondit Gennaro en posant une liste sur le bureau de Ross. Le premier groupe est composé d'un paléontologue, d'une paléobotaniste et d'un mathématicien. Il y vont ce week-end et je les accompagne.
- Allez vous leur dire la vérité ?
- Je crois. Aucun d'eux n'a eu grand-chose à voir avec l'ile et le mathématicien, Ian Malcolm, était ouvertement hostile au projet depuis le début. Il a toujours affirmé que cela ne marcherait pas, ne pourrait pas marcher.
- Qui y aura-t-il d'autre ?
- Juste un technicien, l'analyste programmeur. Il doit vérifier le fonctionnement de l'installation informatique du parc et corriger quelques erreurs de programmation. Il devrait arriver vendredi matin.
- Très bien, dit Ross. Vous vous occupez de prendre les contacts ?
- Hammond a demandé de s'en charger personnellement. Je crois qu'il tient à faire comme si tout allait pour le mieux, comme si c'était une simple invitation à visiter les installations dont il est si fier.
- Parfait, conclut Ross. Mais je compte sur vous ; il faut de la poigne. Je veux que la question soit réglée dans une semaine.
Sur ce, il se leva et sortit du bureau.

Gennaro composa un numéro et entendit le sifflement d'une Pokémontre.
- Grant à l'appareil, articula une voix grave.
- Bonjour, docteur Grant. C'est Donald Gennaro, l'avocat-conseil d'InGen. Nous nous sommes déjà parlé à la Pokémontre, il y a quelques années... Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi...
- Je m'en souviens.
- Voilà, poursuivit Gennaro, je viens d'avoir une conversation sur Pokémontre avec John Hammond qui m'a annoncé la bonne nouvelle. Vous venez visiter notre ile à Alola...
- Oui, grommela Grant, je pense que nous y allons demain.
- Eh bien, je voulais juste vous remercier d'avoir pu vous libérer si vite. Tout le monde apprécie beaucoup votre bonne volonté. Nous avons également demandé de venir à Ian Malcolm, qui, comme vous, fut l'un de nos premiers consultants. Vous savez, c'est le mathématicien de l'université de Ville Noire.
- John Hammmond m'en a parlé, fit Grant.
- Bon, très bien, poursuivit Gennaro. Je serai également du voyage... A propos de ce spécimen que vous avez découvert, le Trirox... Tritos... Comment dites vous ?
- Tritox Triassicus.
- C'est ça... Vous l'avez en votre possession ?
- Non, répondit Grant, j'ai seulement vu une radio. Le spécimen se trouve à Volucité. C'est quelqu'un de Poni qui m'a averti.
- Peut-être pourriez vous me donner quelques détails, insista Gennaro, afin que je puisse en faire la description à M.Hammond qui est très impatient d'en savoir plus. Je suis sûr que vous mourez d'envie de voir ce spécimen... Je pourrais peut-être m'arranger pour qu'on nous l'envoie sur l'île pendant que nous y serons tous.
Grant lui fournit tout les renseignement dont il disposait, mais Gennaro écoutait distraitement et ne retient que les éléments exprimés dans le langage courant. Alors que Grant se lançait dans une série de termes scientifiques tels que proto et métatarses, l'avocat le coupa :
- Je vous remercie, fit-il. Mes hommages au Dr.Sattler. Je me réjouis de vous voir demain, ajouta l'avocat avant de raccrocher.

Posté à 18h50 le 13/10/20

Pokémon Park ! ...

Squelette



Ellie Sattler écarta de son visage une mèche de cheveux blonds et reporta toute son attention sur les bains d'acides. Il y en avait six, échelonnés de cinq à trente pour cent. Elle devait surveiller les solution les plus fortes, sinon après avoir rongé le calcaire elles attaqueraient les os. Et les os d'un bébé dinosaure étaient extrêmement fragiles. Ellie s'émerveillait encore à l'idée qu'ils s'étaient conservés pendant quatre-vingts millions d'années.
Elle écouta distraitement Grant qui parlait au téléphone.
- Madame Carter ? Alan Grant à l'appareil. De quoi s'agit-il exactement ?... Vous avez quoi ? Un quoi ?
Il éclata d'un gros rire.
- Oh ! J'en doute fort, mademoiselle..., poursuivit le paléontologiste. Non, je regrette, je n'ai vraiment pas le temps. Écoutez, je veux bien jeter un coup d’œil, mais je peux déjà vous garantir qu'il s'agit d'un Salaméche. Mais... Oui, vous pouvez faire cela. D'accord, envoyez le tout de suite.
Grant raccrocha en secouant la tête.
- Les gens ont de ces idées, soupira-t-il.
- Que voulait-elle ? demanda Ellie.
- C'est à propos d'un lézard qu'elle essaie d'identifier, expliqua Grant. Elle va m'envoyer un fax d'une radiographie.
Il se dirigea vers le télécopieur et attendit la transmission du document.
- A propos, dit-il, j'ai fait une nouvelle trouvaille qui t'intéressera.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je l'ai trouvé juste avant l'arrivée de Beladonis. Colline sud, horizon quatre. Un bébé Arcko, avec mâchoire et dentition complète : l'identification est donc facile. Et, comme le site à l'air intact, nous trouverons peut-être un squelette entier.
- Fantastique ! s'écria Ellie. Quel âge ?
- Tout jeune, répondit Grant. Entre deux et quatre mois.
- Tu es sûr qu'il s'agit d'un Arcko ?
- Je suis formel. La chance à peut-être enfin tournée.
Depuis deux ans, l'équipe travaillant sur le site du désert Délassant n'avait exhumé que des bébés Mucuscule. Ils avaient déjà rassemblé de nombreux indices attestant que de grands troupeaux de dix ou vingt milles de ces dinosaures herbivores parcouraient les plaines de crétacé comme on le verrai faire plus tard aux troupeaux de Frisons.
Mais une question se posait avec une insistance croissante : où étaient les prédateurs ?
Il allait de soi qu'ils étaient en nombre limité. Des études menées dans les parcs Safaris de Kanto et d'Hoenn montraient qu'il y avait en gros un prédateur carnivore pour quatre cents herbivores. Cela signifiait qu'un troupeau de dix milles Muplodocus pouvait nourrir vingt-cinq Rexillius. Ils avaient donc très peu de chances de découvrir les restes d'un grand prédateur.
Mais où étaient les petits ? Il y avait plusieurs dizaines de sites de nidifications au désert Délassant - à certains endroits, le sol était littéralement recouvert de morceaux de coquilles - et de nombreux petits dinosaures se nourrissaient d’œufs. Il aurait dû avoir une profusion de prédateurs de un à deux mètres de long, des animaux tels que Lézargus, Malamandre, Jungko et Drakkarmin.
Mais ils n'en avaient pas encore découvert un seul.
Ce squelette d'Arcko était peut-être le signe que la chance allait leur sourire. Et c'était un bébé ! Ellie savait que l'un des rêves d'Alan était d'étudier la manière dont les dinosaures carnivores élevaient leurs petits comme il l'avait fait pour les herbivores. Peut-être était-ce le premier pas sur la voie de la réalisation de ce rêve.
- Tu dois être très excité, lança-t-elle.
Grant ne répondit pas.
- J'ai dit : tu dois être très excité, répéta Ellie.
- Arceus ! murmura Grant, le regard fixé sur le télécopieur.

Ellie regarda le fax de la radiographie par-dessus l'épaule du paléontologiste et et elle expira lentement.
- Tu crois que c'est un amassicus ?
- Oui, répondit Grant. Ou bien un triassicus ; le squelette est si frêle.
- Mais ce n'est pas un simple lézard.
- Non. Pas un seul lézard à cinq doigts n'a foulé le sol de notre planète depuis deux cents millions d'années.
La première idée d'Ellie fut qu'il s'agissait d'un canular. Un canular habile et ingénieux, une menace dont tous les biologistes savaient qu'elle était omniprésente. Le plus célèbre canular, celui de l'Homme des ruines Zarbis, avait mystifié le monde entier pendant quarante ans et son auteur demeurait inconnu. Plus récemment, un astronome distingué du nom de Kosmo avait certifié qu'un Aéroptéryx, un oiseau fossile exposé au Museum d'Histoire Naturelle de Maillard, était un faux. Mais il fut prouvé par la suite qu'il était authentique.
L'essence d'un canular réussi consistait à présenter aux scientifiques ce qu'ils s'attendaient à voir. Pour Ellie, la radio était absolument exacte. Le pied tridactyle avait les proportions voulues, avec la griffe médiane plus petite que les deux autres. Le tibia était fort et sensiblement plus long que le fémur ; la cavitée cotyloide complète. La queue comptait quarante-cinq vertèbres. C'était bien un jeune Tritox.
- Cette radio est-elle truquée ? demanda Ellie.
- Je n'en sais rien, répondit Grant, mais il est presque impossible de falsifier une radio. Et Tritox est un animal peu connu ; même chez ceux qui connaissent bien les dinosaures, beaucoup n'ont jamais entendu parler de lui.
Ellie commença à lire le texte accompagnant le cliché.
- Spécimen découvert sur la plage de Poni, près du Village Flottant, le 16 juillet... Il semble qu'un Capidextre ai été en train de manger le Pokémon et c'est tout ce qui a pu être récupéré... Ha ! Il parait aussi que le lézard avait attaqué une petite fille.
- J'en doute, dit Grant, mais on ne sait jamais. Tritox était si petit et si léger que nous supposons qu'il était nécrophage, qu'il ne pouvait se nourrir que d'animaux morts. Pour ce qui est de la taille, poursuivit-il en mesurant rapidement, il ne fait que vingt centimètres de haut. A peu près la taille d'un Galifeu. Même un enfant lui paraitrait redoutable. Il pourrait s'attaquer à un bébé, mais pas à un enfant. Le front barré par un plis perplexe, Ellie étudiait la radio.
- Tu crois qu'il pourrait s'agir d'un Pokémon redécouvert ? Comme le Relicanth ?
- Peut-être, fit Grant.
Le Relicanth était un Pokémon poisson de type Eau et Roche long d'un mètre cinquante dont on croyait l'espèce disparue depuis soixante-cinq millions d'années, jusqu'à ce qu'un spécimen vivant soit pêché en 1938. Mais il y avait d'autres exemples : Ixon, l'évolution de Linéon de Galar, ainsi que toute sa lignée évolutive, dont on ne connaissait que quelques fossiles, jusqu'à ce qu'on trouve un Zigzaton de Galar dans une poubelle, à Smashings. Et Chovsourir, une chauve-souris frugivore d'Unys, un fossile de dix mille ans, dont la description fut faite par un zoologiste qui, peu de temps après, en reçut un spécimen vivant par la poste.
- Tu crois que cela peut-être sérieux ? insista Ellie. Quel âge aurait-il ?
- Ce n'est pas facile de déterminer l'âge, fit Grant en hochant la tête.
La plupart des Pokémon redécouverts s'ajoutaient aux fossiles connus remontant à une époque assez récente, de l'ordre de dix ou vingt mille ans. Certains dataient de quelques millions d'années, soixante-cinq pour le Relicanth, mais ce qu'ils avaient devant les yeux était nettement plus vieux. Les dinosaures avaient disparu à la fin du crétacé, soixante-cinq millions d'années avant notre ère. Leur apparition au trias remontait à peu près à deux cent vingt millions d'années et ils avaient dominé la vie de la planète pendant tout le jurassique, la période intermédiaire.
Tritox avait vécu au trias, en des temps si reculés que notre planète avait un aspect très différent de celui que nous connaissons. Tous les continents étaient rassemblés en un bloc unique, la Pangée, qui s'étendait d'un pôle à l'autre ; un gigantesque continent couvert de fougères et de forêts, comprenant quelques grands désert. L'océan Atlantique n'était qu'un lac étroit entre ce qui allait devenir Kanto d'un coté, Unys de l'autre. L'air était plus dense et la terre plus chaude. Il y avait des centaines de volcans actifs. C'est dans cet environnement que vivait Tritox.
- Nous savons, reprit Ellie, que certains Pokémons ont traversés le temps. Les Crocorible sont des animaux du trias qui ont survécus jusqu'à nos jours. Les Sharpedo aussi. Nous pouvons donc affirmer que c'est possible.
- Quelle autre explication peut-il y avoir ? fit Grant en acquiesçant de la tête. Soit la radio est truquée, ce dont je doute, soit cet animal vient d'être redécouvert. Je ne vois pas d'autre solution.
Le téléphone sonna.
- C'est probablement Roberta Carter qui rappelle, dit Grant. Voyons si elle acceptera de nous envoyer le Pokémon en chair et en os.
Il décrocha et se tourna vers Ellie, perplexe.
- Oui, je prends M.Hammond. Oui, oui, bien sûr.
- Hammond ? dit Ellie d'un ton interrogateur. Que veut-il ?
Grant secoua la tête en signe d'ignorance, puis il retourna son visage vers le combiné.
- Oui, monsieur Hammond. Oui, à moi aussi, cela me fait plaisir de vous entendre... Oui...
Il se tourna derechef vers Ellie.
- Ah bon ! C'est vrai ? Toujours aussi excentrique, ajouta-t-il à l'intention d'Ellie en posant la main sur le microphone. Il faut que tu écoute ça.
Grant enfonça la touche "haut-parleur" et Ellie entendit une voix râpeuse de vieillard, au débit rapide.
- ...Toutes ces tracasseries d'un type de l'A.P.E. qui doit être à moitié cinglé... On dirait qu'il travaille pour son compte... Il passe son temps à poser des questions et à fouiner partout. J'imagine que vous n'avez encore reçu la visite de personne...
- En fait, répondit Grant, quelqu'un est venu me voir.
- C'est bien ce que je craignais, ricana Hammond. Un jeunot du nom de Beladonis qui se croit plus malin que tout le monde ?
- Oui, il s'appelait bien Beladonis.
- Il va voir tout nos consultants, poursuivit Hammond. L'autre jour, il a rendu visite à Ian Malcolm... Vous savez, le mathématicien de Ville Noire. C'est lui qui m'a mit au courant. Nous essayons d'étouffer l'affaire, mais c'est tout à fait caractéristique de la manière dont agit le gouvernement : aucune plainte, aucune charge, rien que les tracasseries d'un blanc-bec qui voyage au frais du contribuable ! Vous a-t-il dérangé ? A-t-il interrompu votre travail ?
- Non, non, il ne m'a pas dérangé.
- Dans un certain sens, je le regrette, fit Hammond. Si c'était le cas, j'essaierais de faire mettre un terme à ses agissements. Nos avocats ont pris contact avec l'A.P.E. pour savoir quel était leur problème et ils ont prétendus ne pas être au courant ! Essayez de comprendre quelque chose à cette foutue bureaucratie ! Si vous voulez mon avis, je pense que ce jeune fouineur cherche à se renseigner sur notre ile à Alola. Vous savez que nous avions une ile là-bas ?
- Non, répondit Grant en regardant Ellie. Je n'était pas au courant.
- Mais si, nous avions achetés une ile et nous avons commencés à mettre sur pied notre affaire, il y a quatre ou cinq ans... je ne sais plus très bien. C'est une grande île, appelée Isla Nublar, à cent cinquante kilomètres de Volucité. Ce sera une réserve biologique... Un endroit de rêve, une végétation tropicale. Vous devriez aller y faire un tour, docteur.
Cela me parait très intéressant, répliqua Alan, mais, vous savez...
- Les travaux sont presque terminés maintenant, poursuivit Hammond sans le laisser achever sa phrase. Je vous ai envoyé une documentation. L'avez vous reçue ?
- Non, mais nous sommes si loin de tout.
- Vous l'aurez peut-être dans le courant de la journée. Etudiez-la... L'île est magnifique ; il y a tout ce dont on peux rêver... Un parc immense. Les travaux ont commencé il y a trente mois, vous imaginez ? L'ouverture est prévue pour septembre, l'an prochain. Vous devriez vraiment aller la voir.
- Cela à l'air très excitant, mais...
- En fait, poursuivit Hammond, je tiens absolument à ce que vous y alliez. Je sais que vous vous y sentirez en pays de connaissance, que vous serez absolument fasciné.
- Je suis en plein...., commença Grant.
- Ecoutez, je vais vous dire quelque chose, lança Hammond comme si l'idée kui venait juste à l'esprit. Il se trouve que certains de nos anciens consultants s'y rendent ce week-end pour la visiter. A nos frais, cela va sans dire. Ce serait merveilleux si vous pouviez nous donner votre avis.
- C'est impossible, affirma Grant.
- Juste pour le week-end, insista Hammond avec la jovialité irritante d'un vieillard obstiné. C'est tout ce que je vous demande, docteur... Je ne voudrais pas interrompre votre travail. Je sais à quel point c'est important... Ne jamais interrompre votre travail, je sais. Mais vous pourriez faire un saut, juste pour le week-end, et être de retour lundi.
- Non, je ne peux pas, dit Grant, Je viens juste de découvrir un nouveau squelette et...
- Oui, je comprends, mais je pense quand même que vous devriez venir, reprit Hammond qui n'écoutait même pas.
- De plus, nous venons de recevoir du matériel concernant une découverte tout à fait extraordinaire. Il s'agirait d'un Tritox vivant.
- Un quoi ? demanda Hammond ? Je n'ai pas bien compris, ajouta-t-il plus lentement. Vous avez dit un Tritox vivant ?
- Parfaitement, confirma Grant. Un spécimen biologique, un fragment de Pokémon rapporté d'Alola. Un Pokémon vivant. - Ca alors ! s'exclama Hammond. Un Pokémon vivant ! C'est extraordinaire !
- C'est aussi notre avis, fit Grant. Vous comprenez bien que le moment est mal choisi pour m'absenter...
- Vous avez parlé d'Alola ?
- Oui.
- Savez vous plus précisément où, à Alola ?
- Le Village Flottant de Poni. Mais je ne sais pas exactement où...
- Je vois, fit Hammond en s'éclaircissant la voix. Et quand ce spécimen est-il arrivé entre vos mains ?
- Aujourd'hui.
- Aujourd'hui... fit Hammond en s'éclaircissant la gorge. Je vois, je vois...
Grant se tourna vers Ellie et forma silencieusement avec les lèvres : Qu'est-ce qu'il a ?
Il a l'air troublé, fit-elle de la même manière, en secouant la tête.
Regarde si Morris est encore là.
Ellie se dirigea vers la fenêtre, mais la voiture était partie.
- Heu ! reprit Hammond en toussotant. En avez vous parlé à quelqu'un, docteur ?
- Non.
- Bien, très bien. Ecoutez, je vais être franc avec vous : il y a un petit problème dans cette ile et l'affaire avec l'Agence pour la Protection de l'Environnement arrive au mauvais moment.
- Que se passe-t-il ? demanda Grant.
- Eh bien, il y a eu des difficultés imprévues, des retards... Disons simplement que je suis sous pression en ce moment. J'aimerais que vous voyiez comment cela ce passe et que vous me donniez votre avis. Votre rémunération sera de vingt milles dollars par jour, le prix habituel pour nos consultants du week-end. Pour les trois jours, cela vous fera soixante mille dollars. Et, si le Dr.Sattler est libre, elle sera payée au même tarif. Nous avons besoin d'une botaniste. Qu'en pensez vous ?
Le regard d'Ellie resta fixé sur le visage de Grant tandis qu'il parlait.
- Ce que j'en pense, c'est qu'une telle somme nous permettrait de financer l'intégralité de nos travaux pendant les deux étés qui viennent.
- Parfait, parfait, fit distraitement Hammond qui semblait déjà avoir l'esprit ailleurs. Je veux que les choses soient aussi simples que possible... Je veux que les choses soient aussi simples que possibles... Je vais envoyer l'avion de la société vous prendre à l'aéroport privé qui se trouve à l'est de Parsemille. Vous voyez celui auquel je pense. En voiture, vous n'en avez que pour deux heures de trajet. Soyez-y demain, à 17 heures. Je vous y attendrai et nous partirons directement. Pouvez-vous prendre cet avion tout les deux ?
- Je pense que c'est possible.
- Parfait... Emportez le minimum de bagages. Vous n'aurez pas besoin de passeport. A demain.
Et John Hammond décrocha.

Posté à 10h07 le 13/10/20

Commentaires fanfics ...
Merci !

Posté à 14h45 le 10/10/20

Nouveau membre, présentez-vous! ...
Salut ! J'viens de me rendre compte que je me suis toujours pas présenté, alors voilà :

Jeune chaoticien de 12 ans fan de Pokémon et de Jurassic Park, des fois autiste, des fois dépressif, des fois schizophrène, mais tout le temps misanthrope.

Posté à 19h38 le 27/09/20

Commentaires fanfics ...
Postez ici vos commentaires sur les fanfics de pokémon Arcanes !

Posté à 19h23 le 27/09/20

Pokémon Park ! ...

La côte de la mer intérieure.



La température dépassait 35°C. Alan Grant était accroupi, le nez à quelques centimètres du sol. Il avait mal aux genoux malgré ses genouillères de grosse toile, la poussière alcaline lui irritait les poumons et des gouttes de sueur coulaient de son front. Mais Grant était indifférent à l'inconfort de sa position. Toute son attention était concentrée sur les quinze centimètres carrés de terre qui se trouvaient juste devant lui.
Travaillant patiemment à l'aide d'un cure-dents et d'une brosse de peintre en poil de Camérupt, il était en train d'exhumer un minuscule fragment de maxillaire en forme de L, long de vingt-cinq millimètres et pas plus épais que son auriculaire. Les dents, qui formaient une rangée de petites pointes, étaient plantées selon un angle caractéristique. Des débris d'os se détachaient à mesure qu'il progressait. Grant s'arrêta quelques instants pour enduire l'os de colle avant de poursuivre sa tâche. Il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait d'un maxillaire ayant appartenu à un bébé dinosaure carnivore, mort depuis soixante-dix-neuf millions d'années, à l'âge de deux mois.
Si la chance était avec lui, Grant pouvait découvrir le reste du squelette. Et, si cela se réalisait, ce serait le premier squelette complet d'un bébé carnivore...
- Ohé ! Alan !
Grant leva la tête en plissant les yeux pour se protéger du soleil. Il ajusta ses lunettes de soleil et s'essuya le front du revers de la main.
Il se trouvait sur le flanc d'une butte isolée par l'érosion, dans les bad lands du Désert Délassant, à Unys. Sous le ciel d'un bleu implacable, des éminences de calcaire érodé parsemaient la plaine à perte de vue. Pas le moindre buisson, pas un seul arbre à l'horizon : rien que la pierre dénudée, le soleil brûlant et les gémissements du vent.
Les visiteurs trouvaient les bad lands d'une austérité déprimante, mais, quand Grant contemplait ce paysage, il y voyait tout autre chose. Ces terres désolées étaient tout ce qui restait d'un monde très différent, disparu depuis quatre-vingt millions d'années. Grant se représentait un lieu chaud et marécageux formant la limite d'une vaste mer intérieure. Cette mer, large de plusieurs centaines de kilomètres, s'étendait du mont Foré, de formation très récente, au mont Renenvers. Tout le Middle West d'Unys était sous l'eau.
A l'époque, il y avait de petits nuages dans le ciel assombri par la fumée des volcans voisins. L'atmosphère était plus dense, plus riche en gaz carbonique, et les plantes poussaient rapidement en bordure de la mer. Il n'y avait pas de poissons dans ces eaux, mais des Crustabri et des Ammonistar. Des ptérosaures descendaient en piqué pour saisir des algues flottant à la surface de l'eau. Quelques dinosaures carnivores rôdaient entre les palmiers poussant sur les rives marécageuses. Au large apparaissait une petite ile, d'une superficie d'un hectare. Bordée par une végétation dense, cette ile formait un sanctuaire où des troupeaux de dinosaures herbivores à bec de canard pondaient leurs œufs dans des nids communautaires et élevaient leurs petits.
Pendant les millions d'années qui suivirent, la profondeur du gigantesque lac alcalin d'un vert pâle diminua et toute l'eau finit par disparaitre. La terre dénudée se plissa et se craquela sous l'effet de la chaleur : l'ile où les dinosaures pondaient leurs œufs devint le mamelon érodé au flanc duquel Alan Grant, un barbu de quarante ans au large poitrail, était en train de creuser.
- Ohé ! Alan !
Il se releva. Il entendit le halètement du générateur portable et le fracas lointain du marteau-piqueur attaquant la roche de la colline voisine. Il vit les étudiants s'agiter autour de la machine et écarter les blocs de pierre après avoir vérifié qu'ils ne renfermaient pas de fossiles. Au pied de la colline, il vit les six tipis du campement, la tente de la cantine battue par le vent et la caravane qui faisait office de laboratoire de campagne. Il vit Ellie qui lui faisait de grands signes de la main à l'ombre de la caravane, accompagnée de son Mimantis.
- De la visite ! cria-t-elle en tendant le bras vers l'est.
Grant distingua le nuage de poussière et la Ford bleue cahotant sur la route défoncée. Il regarda sa montre : pile à l'heure. Sur la colline voisine, les jeunes gens suivaient la voiture avec intérêt. Les visiteurs étaient rares dans le Désert Délassant et les raisons poussant un policier de l'Agence pour la protection de l'environnement à venir voit Alan Grant avaient donné lieu à bien des conjectures.
Mais Grant savait que la paléontologie, la science des êtres disparus, prenait depuis quelques années une importance inattendue dans le monde moderne. Ce monde changeait rapidement et des questions urgentes sur les conditions météorologiques, la déforestation, le réchauffement général de l'atmosphère ou la couche d'ozone semblaient pouvoir obtenir des réponses, au moins partielles, du passé. Les paléontologistes étaient en mesure de fournir certaines précisions et, en deux occasions, Alan Grant avait été appelé à témoigner en qualité d'expert.
Suivi de son fidèle Minotaupe, il commença à descendre la colline pour aller à la rencontre du visiteur.

La poussière blanche fit tousser l'homme tandis qu'il claquait la portière de la voiture.
- Beladonis, F.P.I. (section A.P.E.), dit-il en tendant la main. Je travaille actuellement pour le bureau de Janusia.
- Vous avez l'air d'avoir chaud, fit Grant après s'être présenté. Voulez vous une bière ?
- Et comment !
Beladonis n'avait pas 30 ans. Malgré la chaleur, il portait un long imperméable brun, une cravate et tenait un porte-document. Il portait une Pokéball à sa ceinture. Ses chaussures à languette crissaient sur les pierres tandis que les deux hommes se dirigeaient vers la caravane.
- Quand je suis arrivé au sommet de la colline, fit Beladonis en désignant les tipis, j'ai cru que c'était une réserve indienne.
- Non, répliqua Grant, mais c'est le meilleur moyen de vivre par ici.
Il lui expliqua qu'en 1978, la première année des fouilles, ils avaient fait venir des tentes octogonales ultra-perfectionnées, mais le vent les avaient renversées. Ils essayèrent ensuite d'autres modèles, mais le résultat fut le même. Ils décidèrent enfin de monder des tipis, plus spacieux, plus confortables et plus stables quand le vent soufflait.
- Ce sont des tipis de Pieds-Noirs, ajouta Grant. Ils sont tendus sur quatre piquets alors que ceux des Sioux n'en ont que trois. Mais comme nous sommes sur le territoire des Pieds-Noirs, nous avons pensé...
- Oui, oui, bonne idée, fit Beladonis, les yeux plissés, et parcourant du regard le paysage désolé. Depuis combien de temps êtes vous ici ?
- A peu près soixante caisses, répondit Grant. Nous mesurons le temps en caisses de bière, expliqua-t-il en voyant l'air surpris de l'inspecteur. Nous commençons en juin avec cent caisses et nous en avons fini une soixantaine.
- Soixante-trois, pour être précis, lança Ellie Sattler au moment ou ils arrivaient devant la caravane.
Grant souris en voyant Beladonis écarquiller les yeux. Âgée de vingt-quatre ans, le teint hâlé, des cheveux blonds attachés en queue-de-cheval, Ellie portait un jean coupé en haut des cuisses et une chemise nouée autour de la taille.
- Si nous tenons le coup, c'est grâce à elle, poursuivit Grant après avoir fait les présentations. Elle est très bonne dans sa partie.
- Quelle est sa partie ? demanda Beladonis.
- Paléobotanique, répondit Ellie. Et je m'occupe aussi des préparations de routine.
Elle ouvrit la porte et ils entrèrent dans la caravane. La climatisation abaissait seulement la température à 28°C, mais ils eurent une impression de fraicheur après la chaleur torride de midi. Plusieurs longues tables de bois étaient alignées, sur lesquelles de petits fragments d'os étaient soigneusement disposés et étiquetés. Un peu plus loin, il y avait des plats et des pots de céramique. Une forte odeur de vinaigre flottait dans l'air.
- Je croyais que les dinosaures étaient très gros, dit Beladonis en regardant les os.
- C'est vrai, fit Ellie, mais tout ce que vous voyez ici provient de bébés. Le site du Désert Délassant est particulièrement important pour le nombre de nids fossilisés. Avant que nous commencions les travaux sur ce gisement, les bébés dinosaures étaient très mal connus, puisqu'un seul nids avait été découvert, dans le désert de Gobi. Ici, nous avons mis au jour une douzaine de nids de Muplodocus, avec des œufs et des squelettes de bébés.
En se dirigeant vers le réfrigérateur, Grant montra à Beladonis les bains d'acide acétique utilisés pour dissoudre la gangue calcaire entourant les fragiles ossements.
- On dirait des os de Galifeu, fit Beladonis en se penchant vers les plats de céramique.
- Oui, acquiesça Ellie. Ils ressemblent à des os d'oiseaux.
- Et ceux-là ? demanda Beladonis en montrant par la fenêtre de la caravane des piles de gros os enveloppés dans des bâches en plastique.
- Des rebuts. Des débris trop fragmentaire que nous avons extraits. Avant, nous les aurions jetés mais, aujourd'hui, nous faisons faire des analyses génétiques.
- Des analyses génétiques ? répéta Beladonis.
- Tenez, fit Grant en lui fourrant une bière dans la main.
Il en tendit une autre à Ellie qui la but au goulot en rejetant son long cou en arrière sous le regard ahuri de Beladonis.
- Comme vous le voyez, nous ne faisons pas de manières ici, déclara Grant. Voulez-vous passer dans mon bureau ?
- Avec plaisir, répondit Beladonis.
Le chercheur le précéda tout au fond de la caravane où se trouvaient un canapé défoncé, un fauteuil affaissé et une table basse de guingois. Grant se laissa tomber sur le canapé qui émit un craquement et projeta un nuage de poussière crayeuse. Tandis que son Minotaupe grimpait à son tour sur le canapé, il s'appuya contre le dossier, posa ses bottes sur le bord de la table et indiqua le fauteuil au visiteur.
- Asseyez vous donc.

Alan Grant était professeur de paléontologie à l'université d'Ogoesse et l'un des plus éminents chercheurs dans son domaine, mais il fuyait les mondanités. Il se considérait comme un homme de terrain et savait que, dans sa spécialité, les découvertes les plus importantes étaient faites sur le terrain, avec les mains. Grant supportait difficilement les universitaires et autres conservateurs de musée, ceux qu'il surnommait les "chasseurs de dinosaures en chambre", et dont il mettait un point d'honneur à se distinguer, aussi bien dans sa mise que dans son attitude, allant jusqu'à donner ses cours en jean et tennis.
Grant regarda Beladonis épousseter soigneusement le fauteuil avant de s'asseoir, ouvrir son porte-document, fouiller ses papiers, tourner la tête vers Ellie qui retirait des os d'un bain d'acide avec des pincettes sans prêter la moindre attention aux deux hommes.
- Vous devez vous demander ce que je suis venu faire ?
- C'est un long trajet, monsieur Beladonis, fit Grant en hochant la tête.
- Allons droit au but, si vous voulez bien. L'Agence pour la protection de l'environnement se préoccupe des activités de la fondation Hammond qui vous verse des subsides.
- Trente mille dollars par an, confirma Grant en hochant la tête. Depuis cinq ans.
- Que savez vous sur cette fondation ?
- La fondation Hammond est une source respectée de subventions universitaires. Elle finance des recherches dans le monde entier, y compris les travaux de plusieurs spécialistes des dinosaures. Je sais qu'elle aide financièrement Bob Kerry, à Arpentières, et John Weller, dans le mont Foré. Il y en a probablement d'autres.
- Savez vous pourquoi la fondation Hammond subventionne tant de recherches sur les dinosaures ? poursuivit Beladonis.
- Bien sûr. C'est car le vieux John Hammond est dingue de ces gros pokémons.
- L'avez vous déjà rencontré ?
-Une ou deux fois, répondit Grant avec un haussement d'épaules. Il est venu nous rendre de courtes visites. Il n'est plus de la première jeunesse, vous savez. C'est un excentrique, comme le sont parfois les gens très riches, mais il est toujours plein d'enthousiasme. Pourquoi cette question ?
- Eh bien, répondit Beladonis, il se trouve que la fondation Hammond est un organisme assez mystérieux.
Il prit dans ses papiers la photocopie d'un planisphère parsemé de points rouges, qu'il tendit à Grant.
- Voici les fouilles que la fondation a finançée l'année dernière. Est-ce que vous remarquez quelque chose de curieux ? Désert Délassant, Arpentières, Sinnoh, Johto... Uniquement des sites septentrionaux. Il n'y a rien en dessous du quarante-cinquième paralléle. Et tous les ans, c'est la même chose, ajouta Beladonis en sortant d'autres cartes. Jamais aucun programme de recherche n'a été subventionné dans le sud, que ce soit à Hoenn, à Alola ou autre part. La fondation Hammond finance exclusivement des fouilles dans les régions froides. Nous aimerions savoir pourquoi.
Grant parcourut rapidement les cartes du regard. S'il était vrai que seules les fouilles dans les régions froides recevaient une aide financière de la fondation, c'était un politique bizarre, car certains des meilleurs chercheurs travaillaient dans les pays chauds et...
- Il y a d'autres énigmes, reprit Beladonis. Quel est par exemple le lien entre les dinosaures et l'ambre ?
- L'ambre ?
- Oui. La résine fossilisée, dure est jaune...
- Je sais ce que c'est, le coupa Grant. Mais pourquoi me posez vous cette question ?
- Parce que, depuis cinq ans, Hammond a fait l'acquisition d'énormes quantités d'ambre aussi bien à Unys qu'à Kalos ou à Kanto, y compris un certains nombre de bijoux dignes d'être exposés dans les musées. La fondation a investi dix-sept millions de dollars dans des achats d'ambre. Elle posséde aujourd'hui la plus importante réserve privée du monde.
- Je ne comprends pas pourquoi, dit Grant.
- Personne ne comprend pourquoi. Autant que nous puissions en juger, cela ne méne à rien. L'ambre synthétique est facile à produire ; cette matière n'a aucune valeur commerciale ni militaire. Il n'y a aucune raison de la stocker, mais c'est ce que fait Hammond depuis plusieurs années. Il a notamment fait acquisition d'un morceau d'ambre de Kanto gigantesque, dans lequel aurait été retrouvé un os de ptéra.
- De l'ambre, murmura Grant en secouhant la tête.
- Et cette ile à Alola ? poursuivit Beladonis. Il y a dix ans, la fondation Hammond a loué une ile au gouvernement de cet archipel, soi-disant pour y créer une réserve biologique.
- Je ne suis pas au courant, fit Grant, l'air perplexe.
- Je n'ai pas réussi à découvrir grand-chose, reconnut Beladonis. L'ile se trouve entre Volucité et l'ile de Poni. Elle est très accidentée et, dans ces parages, la conjonction des vents et des courants engendre un brouillard presque permanent. Les autochtones la surnomment l'ile des brumes, Isla Nublar. Les Aloliens ne comprenaient pas que quelqu'un s'y intéresse. Si je vous en parle, poursuivit l'inspecteur en fouillant dans son porte-documents, c'est parce que d'après nos dossiers, vous avez reçu des honoraires de consultant à propos de cette ile.
- Moi ? demanda Grant.
Beladonis lui tendit une feuille de papier. C'était la photocopie d'un chèque émis en mars 1984 par InGen Inc., Volucité, Unys. Payez contre ce chèque à M.Alan Grant la somme de douze mille PokéDollars. Au bas du chèque, dans l'angle, était écrit : Honoraires consultants/Alola/Hyperespace Jeunesse.
- Oui, fit Grant, je m'en souvient. C'était une histoire très bizarre, mais je m'en souvient très bien. Et cela n'avait rien à voir avec une ile.

C'est en 1979 qu'Alan Grant avait découvert sa première couvée d’œufs de dinosaures et il en avait exhumé plusieurs autres pendant les deux années suivantes. Mais c'est seulement en 1983 que les résultats de ses recherches avaient été publiés. Sa description d'un troupeau de dix milles Muplodocus vivant sur la rive d'une vaste mer intérieure, construisant dans la boue des nids communautaires et élevant leurs petits au sein du troupeau, avait fait de lui du jour au lendemain une célébrité. La notion d'instinct maternel chez les dinosaures géants - et les croquis d'adorables bébés Mucuscules pointant le museau à travers la coquilles de leur œuf - avait séduit dans le monde entier. Grant s'était vu harcelé de demandes d'interviews, de conférences et de livres. Fidèle à son image, il avait refusé en bloc, car seule la poursuite de ses fouilles intéressait. C'est pendant cette période agitée des années 83-84 que la société InGen lui avait proposé un poste de consultant.
- Aviez vous déjà entendu parler d'InGen ? demanda Beladonis.
- Non.
- Comment ont-ils pris contact avec vous ?
- J'ai reçu un message d'un certain Gennaro, ou Gennino, quelque chose comme ça.
- Donald Gennaro, confirma Beladonis avec un petit hochement de tête. C'est leur conseiller juridique.
- Quoi qu'il en soit, ce Gennaro voulait se renseigner sur les habitudes alimentaires des dinosaures et il m'a proposé de l'argent si j'écrivais ce que je savais là-dessus.
Grant vida sa bière et la posa sur le plancher.
- Gennaro s'intéressait surtout aux jeunes dinosaures. Il voulait savoir ce que mangeaient les bébés et les jeunes. Il devait penser que je savais tout cela.
- Et ce n'est pas le cas ?
- Pas vraiment. Nous avons découvert un grand nombre d'ossements, mais nous disposions de peu d'éléments sur le régime alimentaire. Gennaro m'a dit qu'il savait que tout n'avait pas été publié et il voulait tout ce que nous avions. Il m'a proposé une très grosse somme : cinquante mille PokéDollars.
- Vous permettez ? demanda Beladonis en prenant un magnétophone qu'il posa sur la table basse.
- Je vous en prie.
- Gennaro vous a donc téléphoné en 1984. Que s'est-il passé ensuite ?
- Vous avez vu notre site, répondit Grant. Cinquante mille dollars nous permettaient de financer les fouilles pendant deux étés. Je lui ai dit que je ferais le maximum.
- Vous avez donc accepté de rédiger un document ?
- Oui.
- Sur l'alimentation des jeunes dinosaures ?
- Oui.
- Avez vous rencontré Gennaro ?
- Non, tout s'est passé au téléphone.
- Gennaro vous a-t-il dit pourquoi il voulait ces renseignements ?
-Oui, répondit Grant. Il se proposait d'ouvrir un musée pour enfant et il désirait présenter des bébés dinosaures. Il m'a dit qu'il avait engagé un certain nombre de consultants choisis dans le corps universitaire et m'a donné quelques noms. Il y avait plusieurs paléontologistes, un mathématicien de Ville Noire nommé Ian Malcolm, deux écologistes, un analyste-programmeur. Une bonne équipe.
- Vous avez donc accepté ce poste de consultant ? demanda Beladonis en prenant des notes.
- Oui. J'ai accepté de lui envoyer un résumé de nos travaux, ce que nous savions sur les Muplodocus que nous avions découvert.
- Quels genres de renseignements lui avez vous fourni ? demanda Beladonis.
- Nidification, étendue du territoire, habitudes alimentaires, comportement social. Tout.
- Comment Gennaro réagissait-il ?
- Il ne cessait de téléphoner. Parfois en pleine nuit pour demander si les dinosaures mangeaient telle ou telle chose, si tel ou tel objet pouvait être exposé. Je n'ai jamais compris pourquoi il se mettait dans cet état. Bien sur, les dinosaures sont importants, mais pas à ce point-là. Ils ont disparu depuis soixante-cinq millions d'années et il aurait pu attendre le lendemain matin pour téléphoner !

- Je vois, dit Beladonis. Et les cinquante mille PokéDollars ?
- Finalement, j'en ai eu assez de Gennaro et j'ai laissé tomber. Nous nous sommes mit d'accord sur la somme de douze mille PokéDollars. Ce devait être vers l'été 1985.
- Et InGen ? demanda Beladonis en griffonant quelques chiffres. Avez vous eu d'autres rapports avec eux ?
- Pas depuis 1985.
- Quand la fondation Hammond a-t-elle commencée à financer vos recherches ?
- Il faudrait que je vérifie, répondit Grant, mais c'était à la même époque.
- Tout ce que vous savez sur Hammond, c'est qu'il est riche et passioné par les dinosaures ?
- Oui.
Beladonis continua de prendre des notes.
- Ecoutez, fit Grant, si l'Agence pour la protection de l'environnement s'intéresse tellement à Hammond et à ses activités - les fouilles dans les pays froids, les achats d'ambres, l'ile à Alola -, pourquoi ne l'interrogez vous pas ?
- Pour l'instant, c'est impossible.
- Pourquoi ?
- Parce que nous n'avons aucune preuve que ses activités soient illégales. Mais pour moi, il ne fait aucun doute que John Hammond tourne la loi.

- C'est le Bureau des transferts de technologies qui nous a alerté, expliqua Beladonis. Cet organisme contrôle les expéditions de matériel Unysois pouvant avoir de l'importance dans le domaine militaire. Ils ont appelé pour nous signaler qu'InGen avait peut-être effectué des transferts de technologies illégaux dans deux secteurs d'activités. D'une part, trois PorygonXMP avaient étés expédiés à Alola sous le couvert d'un envoi de matériel à une autre division de l'entreprise et en spécifiant qu'ils n'étaient pas destinés à la revente. Mais le Bureau se demandait qui pourrait avoir besoin de machines aussi performantes à Alola.
- Trois Porygon... ce sont bien des programmes informatiques ?
- Les XMP sont une amélioration extrêmement puissante du programme Porygon2 aujourd'hui banal. Pour vous donner une idée, la puissance de calcul de trois PorygonXMP est supérieure à celle de l'équipement informatique de n'importe quelle compagnie privée Unysoise. Et InGen les a envoyés à Alola... On est bien obligé de se poser des questions.
- Je donne ma langue au chat. Vous savez pourquoi ?
- Personne ne le sait. Et le cas des Motisma-Hood est encore plus inquiétant. Ce sont des séquenceurs automatiques boostés par un Motisma, des machines capables de déterminer seules les codes génétiques, si récentes qu'elles ne figurent pas encore sur la liste du matériel sensible. Mais n'importe quel laboratoire de génie génétique peut en posséder une, s'il a les moyens de débourser un demi-million de PokéDollars. Si mes renseignement sont exacts, poursuivit-il en consultant ses notes, InGen a expédié vingt-quatre Motisma-Hood vers son ile d'Alola. Ils affirment là aussi qu'il s'agit d'un transfert de matériel vers une filiale de l'entreprise et non une exportation. Le Bureau des transferts de technologies n'a pas pu faire grand-chose, car l'utilisation du matériel n'est pas officiellement de son ressort. Mais, à l'évidence, InGen est en train de mettre sur pied l'une des plus importantes installations de génie génétique du monde dans un petit pays. Un pays sans réglementation. Cela s'est déjà vu.
- Il y avait déjà plusieurs entreprises de biotechnologies qui s'étaient installées à l'étranger afin d'échapper aux lois et réglementations en vigueur à Unys. Le cas le plus flagrant était celui de BioSyn.
En 1986, la Genetic BioSyn Corporation, de Janusia, expérimenta un vaccin antirabique dans une ferme de Johto sans en avertir les autorités locales ni les ouvriers agricoles et sans prendre la moindre précaution.
Le vaccin consistait en un échantillon de Pokérus, dont on avait modifié le matériel génétique pour rendre le virus inactif. Mais la virulence n'avait pas été vérifiée : BioSyn ne savait pas si l'échantillon pouvait inoculer la rage. De plus, le virus avait été modifié. On ne pouvait en principe contracter la rage qu'après avoir été mordu par un animal atteint, mais les expériences de BioSyn sur le virus lui permettaient de traverser les alvéoles pulmonaires de sorte qu'il suffisait de respirer pour être infecté. Les chercheurs de BioSyn transportèrent le virus dans un sac, sur un vol commercial. Beladonis s'était souvent demandé ce qui serait arrivé si la capsule s'était brisée pendant le vol. Tout les voyageurs auraient pu contracter le Pokérus.
C'était une attitude scandaleuse, irresponsable. C'était une négligence criminelle. Et pourtant aucune mesure ne fut prise contre BioSyn. Les ouvriers agricoles qui avaient risqués leur vie sans le savoir n'étaient que des paysans ignorants ; le gouvernement de Johto avait une crise sur les bras et d'autres Chaffreux à fouetter ; les autorités Unysoises ne pouvaient exercer leur juridiction. Lewis Nikolai Dogson, le généticien responsable du projet, était toujours employé par BioSyn qui continuai d'agir avec la même insouciance. Et d'autres entreprises Unysoise s'empressaient de s'installer dans des régions dont la législation n'était pas adaptée au développement des recherches génétiques. Des régions pour qui le génie génétique n'était qu'une des technologies de pointe et qui acqueillaient ces entreprises sur leur territoire sans soupçonner les périls qu'elles leur faisait courir.
- Voilà donc pourquoi nous avons commencez à nous intéresser à InGen, reprit Beladonis. Cela remonte à trois semaines.
- Qu'avez vous découvert ? demanda Grant.
- Pas grand-chose, reconnut le jeune homme. A mon retour à Volucité, nous serons probablement obligés de clore l'enquête. Et je pense avoir à peu près terminé. A propos, que signifie "hyperespace jeunesse" ?
- C'était juste une appelation fantaisiste pour mon rapport, répondit Grant. Hyperespace est un terme désignant un espace multidimensionnel. D'après certains de mes confréres, le comportement d'un animal doit être considéré à l'intérieur d'un hyperespace écologique. Un "hyperespace jeunesse" - expression prétentieuse s'il en fut - fait simplement allusion au comportement de jeunes dinosaures.
L'Holokit sonna à l'autre extrémité de la caravane. Ellie décrocha.
- Il est en réunion en ce moment, dit-elle. Peut-il vous rappeler ?
- Merci pour votre aide, dit Beladonis en se levant et en refermant son porte-documents. Et pour la bière.
- Je vous en prie, fit Grant en le raccompagnant jusqu'à la porte.
- Hammond vous a-t-il demandé de lui fournir du matériel provenant de votre site ? Des os, des oeufs, ce genre de chose ?
- Non.
- D'après le Dr.Sattler, vous faites des travaux de génétique ici...
- Ce n'est pas exactement cela, rétorqua Grant. Quand nous mettons au jour des fossiles endommagés ou qui, pour toute autre raison, ne peuvent être conservés dans un musée, nous expédions les ossements à un laboratoire qui les broie et essaie d'en extraire des protéines. Ces protéines sont identifiés et on nous envoie les résultats.
- Quel est le nom de ce laboratoire ? demanda Beladonis.
- Medical Biologic Services, à Janusia.
- Comment l'avez vous choisi ?
- Leurs prix sont compétitifs.
- Ce laboratoire n'a rien à voir avec InGen ? insista Beladonis.
- Pas à ma connaissance.
Grant ouvrit la porte de la caravane et sentit un souffle d'air brulant. Beladonis prit le temps de mettre ses lunettes de soleil.
- Une dernière chose, dit-il. Imaginons que le véritable objectif d'InGen n'ait pas été une exposition dans un musée. Auraient-ils pu utiliser d'une autre maniére les renseignements que vous leur avez fournis ?
- Bien sûr, fit Grant en riant. Ils auraient pu nourrir un bébé Mucuscule.
- Un bébé Mucuscule, répéta Beladonis en se mettant à rire à son tour. J'aimerais bien voir cela. Quelle taille faisaient-ils ?
- Ils étaient grands comme ça, fit Grant en écartant les mains d'une quinzaine de centimétres. De la taille d'un Rongourmand.
- Et combien de temps fallait-il à l'animal pour évoluer ?
- A peu près trois ans, répondit Grant.
- Eh bien, reprit Beladonis en lui tenant la main, merci encore pour votre aide.
- Soyez prudent en conduisant, fit Grant.
Il attendit que Beladonis soit arrivé devant sa voiture, puis il referma la porte de la caravane.
- Que penses-tu de lui ? demanda-t-il à Ellie.
- Un garçon candide.
- As tu aimé la manière dont il a présenté John Hammond comme le parfait scélérat ? poursuivit Grant en riant. Hammond est à peu près aussi sinistre que Walt Disney... A propos, qui a appellé ?
- Une femme de Poni, Roberta Carter. Apparemment, elle voudrait que tu identifie un animal. Elle aimerait que tu la rappelle tout de suite.

Posté à 20h03 le 10/09/20

Animations sur Discord ...
A quand un blind test sur les types des pokémons ?

Posté à 20h08 le 29/08/20

topic pour proposer des idées d ...
New idée : Des pokémons en version réaliste.

Posté à 20h07 le 29/08/20

Concours Fakemon, Selon le Poké ...
Ah, sympa le tuto ! Je suis pas très bon pour colorier sur papier, et le thème du concours ne me parlait pas trop... Je suis sur qu'au prochain concours, je ferait mieux !

Posté à 12h24 le 29/08/20

Fakemon du sud de Kalos ...
Euh...
Ici c'est un fourre-tout de Pokémons français, donc vas y

Posté à 08h27 le 29/08/20

Le type Dragon : mode réel ...
Euh... Je pense que tu devrais plutôt prendre un grand serpent, le mettre en version Rayquaza (avec les motifs et les pattes), puis ajouter un contour flou autour des pattes pour les ailes.

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